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Sylvain, éleveur de paraha peue, du lagon à votre assiette !
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Sylvain, éleveur de paraha peue, du lagon à votre assiette !

Publié le 10 octobre 2018

Sylvain Dupieux est co-gérant de Tahiti Fish Aquaculture, une ferme piscicole de Paraha peue à Tautira. Hommes de Polynésie s’est rendu sur la presqu’île afin de connaître les secrets d’élevage de ce poisson d’exception.

Un parcours dédié à l'aquaculture

Né à Papeete, après une scolarité à la Mennais et un IUT en génie mécanique à Orléans, Sylvain s’est très tôt formé à l’aquaculture. Il explique que sa formation en aquaculture s’est faite en deux temps : il s’est inscrit au Creufop de Montpellier pour être technicien en aquaculture, puis a suivi une formation à Mèze, le DESTA délivré par Intechmer (Diplôme d’Etude Supérieur en Technique Aquacole) pour devenir cadre dans la gestion d’une ferme aquacole.

 « A mon retour en 2007 à Tahiti, j’ai été recruté en tant que CVD au sein de l’équipe du Service de la Pêche, la Direction des Ressources Marines et Minières basé à Vairao sur la maîtrise de l’élevage en cages du Paraha Peue. »

En 2010, il effectue un CDD de 9 mois, en poste à Fare Ute au siège de la DRMM, en charge du suivi de la première ferme pilote de Tautira. A l’issue de ce contrat il intègre la première équipe de l’écloserie de Vairao qui est notamment chargée de produire les alevins pour les trois fermes existantes de Tahiti dont Tahiti Fish Aquaculture (TFA).

« C’est donc tout naturellement que j’ai été recruté par Tahiti Fish Aquaculture en 2014 afin d’apporter mes connaissances et compétences pour aider au développement de son activité. En 2017, je suis devenu responsable de production et je suis co-gérant de la société depuis le 1er juin 2018. »

Sylvain nous explique que Tahiti Fish Aquaculture est une ferme piscicole de Paraha peue (Platax orbicularis) qui a démarré en 2010 sur Tautira. La ferme a commercialisé ses premiers Paraha Peue fin 2011 (quelques kilogrammes).

« La production a connu une croissance régulière jusqu’en 2015 où celle-ci a atteint le seuil des 20 tonnes. Ce seuil de 20 tonnes permet à la société de réaliser un bilan équilibré. Nous nous efforçons depuis de maintenir ce niveau de production malgré des difficultés au niveau de la survie des alevins. »

Bac d'élevage de Paraha Peu'e

Le lieu de Vairao, comme choix d’implantation, permet une simplification du transport des alevins, et donc une réduction du stress auquel sont soumis les poissons.

« Vairao est aussi un lieu symbolique car c’est un site où plusieurs avancées majeures dans la recherche en aquaculture ont été réalisées grâce au COP (Ifremer). Toute la R&D de l’élevage du Paraha peue a été réalisé sur le COP avec les équipes de la DRMM, de l’Ifremer et de l’écloserie ce qui permet d’échanger facilement avec les différents partenaires de terrain. »

Le paraha peue, une espèce rare au goût unique

Sylvain fait état du fait que le Paraha peue est la seule espèce produite pour l’heure dans l’écloserie et que ce poisson a été choisi pour diverses raisons : sa présence locale, une capacité de reproduction en captivité existante, sa rareté sur le marché local, une forte valeur parmi les espèces lagonaires et une bonne appréciation gustative.

 « A mon retour en 2007 à Tahiti, j’ai été recruté en tant que CVD au sein de l’équipe du Service de la Pêche, la Direction des Ressources Marines et Minières basé à Vairao sur la maîtrise de l’élevage en cages du Paraha peue. »

Toutefois, le chemin de l’aquaculture fut semé d’embuches pour Sylvain. Il insiste sur le fait qu’avec des produits vivants, il faut bien s’adapter et faire face aux facteurs techniques et environnementaux !

« Par exemple, en 2012 plus de 90% des alevins ont été perdus à chaque cycle : tout est alors remis en question. Il a fallu faire un choix, soit tout arrêter avec une perte sèche soit trouver un autre site avec des garanties de réussite plus élevées. C’est la raison de nos changements de Tautira à Vairao en passant par Teahupoo. Ensuite, il a fallu faire face au marché, nous proposions en effet un nouveau produit dont le mode de production était novateur. »

Sylvain revient sur ses techniques d’élevage qui sont sans utilisation de produits médicamenteux ou hormones, l’alimentation est quant à elle d’origine naturelle à base de poisson et de céréales et garantie sans OGM.

« C’est petit à petit que nous avons gagné la confiance des consommateurs. Reste aujourd’hui un obstacle, le plus important, auquel nous sommes confrontés depuis nos débuts : la mortalité à la mise en cage. Si nous souhaitons développer une activité véritablement pérenne nous devons accroître la production. Or, depuis 2015 nous avons des difficultés à augmenter le taux de survie à cause d’une bactérie présente dans le milieu naturel. Ceci induit évidemment des variations dans l’offre et la commercialisation alors que la demande des consommateurs est croissante. »

Sylvain fait tout son possible afin de résoudre le problème de survie de la mise en cage. A moyen terme, il envisage également d’exporter dans la région pacifique si ses capacités d’élevage le permettent, voire de produire une autre espèce si l’écloserie du Pays le permet.

« Je suis vraiment épanoui et motivé par tous ces projets. Il faut chercher à faire le métier que l’on aime, il est plus facile de surmonter les difficultés et de rester motivé lorsque l’on est passionné par ce que l’on fait. Toujours chercher à continuer à se former quel que soit le domaine choisi, on apprend tous les jours ! »

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Sur la page Facebook Tahiti Fish Aquaculture

G. C.
Rédacteur web

© Photos : G. C. et TFA

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