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Anthony, l’effet papillon !

Publié le 9 août 2019

C’est l’histoire d’un menuisier-ébéniste qui sort de sa chrysalide avec une création des plus originales : un nœud papillon…en nacre ! Anthony est le fondateur de « Fare o pepe », qui se traduit littéralement par « La maison du papillon » – une enseigne 100% locale, dédiée à la création d’accessoires de mode pour homme. Comment cet artisan de Bordeaux est-il devenu le créateur d’un bijou unique au monde ?  Hommes de Polynésie. vous conte la genèse d’une petite entreprise sur le point de prendre son envol.

 

« ISSU D’UN MILIEU ASSEZ MODESTE »

Le couvre-chef vissé sur la tête et les bras chargés, Anthony, 33 ans, nous présente sa malle au trésor ! Une valisette au contenu surprenant, puisqu’elle renferme ses dernières créations : des boutons de manchette et autres accessoires de mode, pour le plus grand plaisir des hommes raffinés. Après trois ans de recherches, une batterie de salons et aucune assistance financière, le résultat est là. Une véritable performance pour un homme issu d’un milieu assez pauvre.

Enfant, Anthony se couchait souvent la faim au ventre, et chaque soir il se promettait que quand il serait grand, il ferait en sorte de ne plus jamais ressentir ça. Il se voyait chef d’entreprise – une ambition d’autant plus louable qu’il le faisait dans le but unique de mettre sa mère et ses deux sœurs à l’abri du besoin.

« Mon rêve était de gagner suffisamment d’argent pour vivre correctement !»

Entre le rêve et la réalité il y a parfois un fossé. Après une formation de menuisier-ébéniste dans la région de Bordeaux, il fait un bref passage par la peinture, avant de devenir commercial et enchainer les petits boulots. A 28 ans, Anthony a eu son coup de fiu * de la France. Il rêve de partir sur une île, et son choix est vite fait : il quitte l’hexagone pour les tropiques et arrive à Tahiti en 2014.

Il y a trois ans, il est invité à une soirée…

« J’ai toujours adoré avoir une garde-robe et des accessoires uniques, et je me suis fabriqué deux nœuds papillons en nacre pour moi ! »

À peine sorties, ces pièces font fureur dans son cercle d’amis qui ne tarit pas d’éloges et se demande où il a bien pu les dénicher ! Ce qu’il venait d’inventer présentait tous les aspects d’un secteur d’activité innovant, et l’idée de se lancer à son compte vient de naître. Avec un ami, ils se projettent dans la confection de ce produit unique, encouragés par la réaction spontanée des gens à la vue de cette collection rare.

« Généralement, 80% des commerces d’accessoires de mode sont destinés aux femmes, il y a donc une niche à développer ! »

FARE O PEPE

Sa priorité va être de protéger sa création. Un parcours du combattant qui se soldera au terme de quatre mois de recherches par une nouvelle classification inscrite au registre de l’INPI (1) : « nœud papillon en nacre ».

« Il s’agit d’une ressource naturelle que je trouve excessivement belle, avec ses dégradés de couleurs et des reflets avec lesquels on va pouvoir travailler selon la profondeur de la pièce. »

Puis se pose la question du poids de la nacre, et comment apporter de la légèreté au produit fini.

« Le poids a été l’un de nos premiers problèmes, car lorsque le bijou était porté il penchait vers l’avant. »

Après avoir essayé le tour de cou élastique pour le maintien, Anthony s’est efforcé à ne pas dépasser les 30 grammes par pièce. C’est désormais la base sur laquelle ses 3 graveurs se reposent pour réaliser les nœuds papillons. Des artistes qui peuvent laisser libre court à leur imagination, sans schéma fixe.

« On a un patron de format déposé à l’INPI. C’est comme un tatoueur qui réaliserait un objet unique avec sa touche personnelle. On fait également du surmesure, mais on conservera toujours l’aspect artistique de l’auteur.»

DES PROJETS PLEIN LA TÊTE

Aujourd’hui Anthony traite le volet marketing de son projet. Il vise le secteur hôtelier, en Polynésie, en métropole (Saint Tropez et Bordeaux), ainsi que le marché américain. Révélé au grand public à l’occasion de l’édition 2019 de la Tahiti Fashion week, il a pu prendre la température auprès des personnes présentes, comme une étude de marché grandeur nature.

« Avoir la critique du public c’est important ! Cela nous permet de nous positionner. »

Avec ses nœuds papillons en nacre, Anthony souhaite transmettre au monde un peu de Tahiti, qui reste un paradis dans l’imaginaire collectif.

« Je veux que les gens voient dans ce coquillage le reflet de ce bout de paradis. D’où le plaisir de collaborer avec des graveurs locaux que je considère comme des tatoueurs ! » 

Pour sa collection actuelle, Anthony rend hommage aux archipels avec pour chaque nœud papillon un nom d’île, mais aussi le nom des couleurs en langue tahitienne, afin de partager un peu de celle-ci avec les étrangers. C’est en cherchant un nom à sa société, baptisée « la maison aux papillons », qu’il en a eu l’idée. Intarissable sur le sujet, Anthony admire « L’attachement du Polynésien à sa culture », et reste touché comme au premier jour par sa « gentillesse extraordinaire, son sourire communicatif et ce tutoiement qui crée une proximité immédiate !».

Il nous invite donc à embarquer avec lui dans cette aventure ! « Attrapez-les vite, ils s’envolent rapidement !»

(1) : Institut National de la Propriété Industrielle

*Fiu : blasé

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Hommes de Polynésie

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