Site de Femmes de Polynésie Hommes de Polynésie

Je passe
d'un site à l'autre

Tama'a maitai

Style, fraîcheur et évasion à l’Urban Café

Publié le 30 août 2019

Quand le savoir-faire se conjugue avec le savoir être, cela donne Urban Café, qui s’inscrit depuis bientôt deux mois dans le paysage de la restauration locale. Son plus ? Un espace stylé pour un moment de détente, qui tranche avec son environnement. En plein cœur de Papeete, l’établissement est le produit de l’imagination de Tetiarii et Amélie, un jeune couple fraîchement diplômé d’école de commerce. S’ils en sont les dépositaires, c’est Larry Apeang qui en est le cœur.  Hommes de Polynésie. s’est rendu dans un lieu aux allures de « gentleman’s club », à la rencontre de ce disciple du majordome de la reine d’Angleterre.

Un cadre hors cadre !

Lorsque l’on passe la porte d’entrée de l’Urban Café, on est immédiatement transporté par les odeurs, le décor et la touche « anglo-saxonne » des lieux. Sur la droite se trouve un présentoir d’assiettes fraicheur, de wraps végan, et tout un éventail de produits locaux. Au service, 3 employés s’affairent entre la grande salle, le coin salon et le jardin. 200 m² de surface en pleine ville, entre le Lycée La Mennais et des immeubles administratifs du pays.

Pour accéder au jardin, on traverse un salon décoré avec style et goût par Amélie, 23 ans, à la tête de l’entreprise. Un « bébé » conçu avec son associé Tetiarii Apeang, 23 ans. Diplômés de l’ECT, ces deux enfants du pays ont aussitôt mis leurs compétences au service du développement économique de leur île. Ils ont associé à leur aventure Larry, un chef formé à la méthode australienne.

Larry, un cuisinier hors pair !

Parti au pays des kangourous se former en horticulture, ce passionné de plantes a finalement été rattrapé par son héritage culinaire. Fils du tenancier de l’ancien Snack Bonnard situé face au marché de Papeete, il apprendra pendant une dizaine d’années le métier de cuisinier. Une fois diplômé, il exercera à « La Guillotine », restaurant français à Sydney, puis à « Bélinda Franks », un service traiteur, où il préparera 6000 couverts quotidiennement, et enfin comme Chef gastronomique pour une grande chaîne hotellière.

« Avec beaucoup de sommeil en moins, on ne s’en sort pas totalement vivant ! »

Sa compagne le rejoindra sur place deux ans après et lui sera d’un soutien sans faille. En 2009, le couple est animé par l’envie de fonder une famille, et vivre en pleine nature – chose que leur vie en Australie ne peut leur offrir. L’élément déclencheur sera le souhait de sa femme d’enseigner au lycée de La Mennais, à Papeete. Leur décision est prise, ils repartiront pour Tahiti.

Réadaptation à Tahiti

Le couple rentre fin 2010 avec la volonté de continuer sur leur lancée professionnelle et d’asseoir ses compétences. Cela ne s’est pas fait en un jour. Une période de réadaptation au marché local a été inévitable, où la culture en cuisine, les salaires et la convention collective ne sont pas les mêmes.

« Je suis un peu tombé de mon cheval, parce qu’en Australie, le métier est reconnu et très encadré. Lorsque vous travaillez le soir ou le dimanche, le taux horaire change. Ici que l’on travaille le lundi matin ou le dimanche soir, le tarif est exactement le même, alors que dans la réalité cela ne l’est pas, physiquement et moralement. C’est un métier qui use, alors que quand tu es valorisé tu es content de prendre ton service. »

Après avoir occupé différents postes, Larry se rend à l’évidence : il a sa propre vision de la cuisine, et il n’y a qu’un seul moyen de laisser son art s’exprimer : accepter la proposition d’Amélie et Tetiarii et devenir le cuisinier de leur restaurant. Il fait l’ouverture de l’Urban Café.

Urban Café

Se démarquer tout en disposant des mêmes ingrédients que tous les restaurateurs, tel est le challenge de Larry.

« On me demande qui a eu l’idée de l’open bread – c’est moi, mais ce sont des choses qui se font en Australie, je n’ai rien inventé. Ce que j’essaye de faire, c’est de montrer aux gens qu’avec du Uru on peut faire des gnocchis, par exemple, comme au restaurant de mon cousin, le Zen café, ou encore le Umete à Taravao. »

Larry a beaucoup de respect pour les jeunes restaurateurs, comme Tereva Galopin (1), Fabrice Metais (2) et Heiarii (3), revenus à Tahiti avec des compétences et qui osent se lancer, en prenant à bras le corps d’apporter du sang neuf et de la créativité aux produits locaux. Cette nouvelle génération de restaurateurs a su imposer, sans bousculer, leur vision de la cuisine moderne made in fenua.

« On aime tous notre pays, avec sa culture spécifique et insulaire, et il y a beaucoup de chose à faire. Lorsque que je reçois des élèves du SEFI qui me disent « nous n’avons pas eu la chance de voyager », je leur réponds : « j’ai comme vous deux mains, et un cerveau, si j’ai réussi vous pouvez aussi y arriver ! »

Larry impulse donc cet état d’esprit, qui est également celui de l’Urban Café, « Nous sommes ici pour créer et oser la fraîcheur ». Alors ils osent…Le café qu’on y boit est de Nicaragua et provient de deux professionnels qui ont leur activité à Tahiti et aux Marquises. « Les niches commencent à être comblées et cela traduit de la compétence des producteurs locaux ».

A l’image de l’Homme de Polynésie, qu’il nous décrit comme « bien enraciné dans sa culture, et la tête tournée vers l’étranger, le ciel et les étoiles », Larry s’investit avec élégance et savoir-faire dans l’aventure d’Urban Café qui couronne son expérience à l’étranger.

Plus d'informations

Ouvert depuis le 8 juillet 2019 de 6h à 14h 6/7jours (fermé le dimanche).

Cet article est sponsorisé par Le restaurant Jimmy

Page Facebook Urban Café 

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Hommes de Polynésie

Partagez Maintenant !

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer