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TEVA PLICHART, la voile au haut niveau.

Publié le 5 janvier 2019

Il est l’un des sportifs de haut niveau du fenua qui fait flotter le drapeau polynésien sur les podiums de compétitions internationales. Teva Plichart, qui a été aussi podologue et pêcheur, raconte son itinéraire et ses passions à Hommes de Polynésie

Croyez-le ou pas mais Teva PLICHART avait peur de la mer quand il était enfant… Ses parents l’avaient pourtant inscrit à un stage de voile au yacht club d’Arue, à Tahiti; et il n’avait qu’une obsession : bien rester sur le bateau ! Il commence avec l’optimist qu’il est contraint d’arrêter à 13 ans parce qu’il était trop lourd pour ce format. Il bifurque vers le hobie-cat qu’il pratique jusqu’à 21 ans.

LES PREMIÈRES RÉGATES

L’occasion de participer à des régates se présente et il se retrouve sur le circuit international de hobie-cat puisqu’il participe aux championnats du monde sous les couleurs de Tahiti en 1993, 1994 et 1998.

« je dois penser à mes études… »

Après avoir été aussi champion du monde des jeunes en match racing à Antibes, Teva revient vers les études. Des études de Staps en vue de devenir prof de sport, mais son truc, c’est la voile de haut niveau… il le sent… il le sait.

Teva, au hasard d’une rencontre, se lance aussi dans un cursus de trois ans pour devenir podologue. Son statut de sportif de haut niveau lui permet d’entrer en 1ère année sans passer par le concours d’entrée…

«Pendant des vacances à Tahiti, j’ai un coup de foudre qui va changer ma vie»

Il est actif dans le projet de l’America’s Cup, et en 2004, il revient à Tahiti pour des vacances. Son palmarès commence à être connu et une jolie journaliste de RFO prénommée Cybèle le contacte pour une interview.

Elle deviendra sa femme quelques années plus tard, et les téléspectateurs polynésiens la connaissent bien puisqu’elle a longtemps présenté le journal télévisé de la chaîne locale devenue Polynésie 1ère. En 2008, Teva arrête la compétition avec la naissance de son premier fils.

RETOURNER SUR L’EAU, L’EXPÉRIENCE FAAFAITE

En 2011, Teva vend son cabinet de podologie de Faa’a car l’envie de retourner sur l’eau est trop forte. L’occasion se présentera lorsqu’il est sollicité pour aller sur la pirogue Faafaaite, où il enseigne les techniques de navigation à un équipage de 15 personnes qui, comme le dit la comptine, n’avait ja… ja… jamais navigué.

Prévue initialement pour 2 mois, l’expérience va durer… quatre ans ! Une immersion inoubliable au cœur de la culture polynésienne, avec le « tavaru » : le rassemblement de 7 pirogues traditionnelles venues de tous les coins du triangle Pacifique. Teva et Faafaaite naviguera jusqu’à Fakarava, Nuku Hiva et Hawaii.

« mon autre passion : la pêche ! »

Après l’extraordinaire aventure Faafaaite, Teva veut se consacrer à une autre de ses passions : la pêche. En août 2013, il reçoit son poti marara, et c’est parti pour deux années de pêche à temps plein.

L’AVENTURE « TRÉSORS DE TAHITI »

C’est lors d’une soirée q’un ami présente Emmanuel Versace à Teva. Emmanuel est le rédacteur en chef adjoint pour le service des sports au journal Le Monde. Il a pris une année sabbatique. Lors d’une conversation, Emmanuel interroge Teva sur son parcours, qu’il juge particulièrement intéressant.

Petit à petit, l’idée d’un projet commun dans la voile se met à germer. Mais Teva se demande si, après avoir arrêté la voile en compétition en 2008, il est vraiment l’homme de la situation, ou si son passé de sportif de haut niveau n’est pas derrière lui. Peut-être que les réflexes dans la voile sont comme la pratique du vélo : ça revient tout seul.

Toujours est-il que c’est le début, avec Emmanuel, de la formidable épopée du bateau baptisé « Trésors de Tahiti ». Un projet soutenu financièrement par le pays et ses subventions obtenues avec le concours et l’implication de Teva Rohfritsch et couronné du succès que l’on sait avec les excellentes places dans le tour de France à la voile : 7ème en 2016 et surtout 2ème en 2017 après avoir été en tête pendant huit jours.

C’est un projet qui était prévu sur 3 ans, avec un nouveau bateau chaque année, et surtout, la participation de trois jeunes tahitiens à cette aventure qui avait un écho international. Grâce à un important relais médiatique, les exploits du bateau « Trésors de Tahiti » et de son vaillant équipage auront eu un bel écho dans la population, même si, comme le regrette Teva, ce sport a toujours une image élitiste aux yeux du public.

L’ambition du projet était clairement énoncée : passer du cliché de Tahiti carte postale exotique à une équipe sportive crédible et performante, avec trois axes de réussite : la participation à la compétition, la formation des jeunes et la promotion touristique.

« aujourd’hui, je multiplie les nouveaux projets… »

Le soutien financier devient ensuite plus compliqué et aléatoire mais Teva poursuit ses efforts au sein de Tahiti Elite Voile, porteur du projet « Trésors de Tahiti ». Il œuvre pour pérenniser le Grand Prix Pacifique des Jeux, il cherche des partenaires pour le Tour Voile 2019, et n’exclut pas un jour de faire la mythique route du rhum sur un multicoque de 50 pieds.

On souhaite bon vent à Teva pour ses futurs projets qui lui permettront de jouer son rôle d’ambassadeur du fenua, pour faire briller les couleurs de la Polynésie sur de futurs podiums.

Laurent Lachiver
Rédacteur web

© Photos : Laurent Lachiver, Jean-Marie Liot et Teva Plichard

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