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Marama, de footballeur pro à dénicheur de talents
entraîneur

Marama, de footballeur pro à dénicheur de talents

Publié le 25 mai 2018

Marama Vahirua alias « Tahitigoal » comme l’appelait les supporters du FC Nantes est sur le point de prendre sa retraite et s’apprête à jouer son dernier match avec l’AS Dragon. Désormais, il va se consacrer pleinement à son activité de formateur et d’éducateur auprès des jeunes footballeurs tahitiens. Son but ? Faire émerger au Fenua les nouveaux talents de demain. Hommes de Polynésie a rencontré la star tahitienne du ballon rond, bientôt retraité mais plus actif que jamais.

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Joueur clé du « jeu à la nantaise »1 au début des années 2000, Marama Vahirua fait désormais parler son sens du collectif et sa vision du jeu à l’AS Dragon de Titioro. Cette saison, au cours de laquelle l’AS Dragon a terminé 3ème, sera la dernière pour Marama Vahirua qui raccroche définitivement les crampons professionnels.

« Mes potes me disent. Pourquoi tu arrêtes ? T’as encore le niveau Marama. Mais ils ne savent pas que je galère 3-4 jours à récupérer après chaque match. Il faut savoir dire stop. »

À Tahiti et en Polynésie, il existe de vrais talents en termes de football selon Marama. C’est pour cela qu’il veut dorénavant se consacrer pleinement à une activité qui lui tient particulièrement à cœur, à savoir la formation de jeunes footballeurs de talents à Tahiti.

« Les jeunes tahitiens ont plein de qualités techniques et physiques. J’essaie de leur inculquer ce que j’ai appris lors de stages de formation pour jeunes. Je suis un peu devenu le Jean-Michel Larquet ou le Guy Roux tahitien »

Avec son expérience au plus haut niveau, Marama a eu l’occasion de voir ce qu’était le « foot business » avec la prégnance de l’argent. Mais, contrairement aux idées reçues, le sens du sacrifice et l’esprit collectif ont marqué au fer rouge le joueur tahitien formé à l’école nantaise qui tente d’insuffler la même dynamique à ses élèves.

« À Nantes, on jouait tous pour le collectif. On avait des joueurs de très bonnes qualités individuelles comme Eric Carrière ou Stéphane Da Rocha mais qui se sublimaient dans le collectif. »

L’ambitieux objectif de Marama est de créer une génération de jeunes joueurs tahitiens de talent, techniquement et mentalement forts, afin de gagner la Nation’s Cup dans les prochaines années. En parallèle, certains se feront repérer et pourront tenter leur chance en Europe mais ils doivent être suffisamment préparés pour le choc de l’expatriation du fenua.

Faciliter l'exportation du joueur polynésien

Marama insiste sur le fait que le plus difficile pour les joueurs polynésiens, c’est de s’exporter en métropole et en Europe. Outre le changement de climat, c’est surtout la mentalité européenne qui est difficile à assimiler. Le mal de la maison guette chaque polynésien.

« Je pensais au fenua tous les jours. J’ai même demandé à ma famille d’arrêter de m’envoyer des colis pendant un moment. J’avais trop le mal du pays. Heureusement, je rentrais au bled tous les ans. »

Marama dit que sa femme, et son cocon familial, ont beaucoup joué dans la réussite de son intégration en Europe. Et il n’oubliait jamais de faire un petit clin d’œil à ses terres polynésiennes à chaque but. Même celui dont il se souvient le plus, un but contre l’équipe d’Arsenal de Thierry Henry et d’Arsène Wenger en Champion’s League en 1999.

« À chaque but, je donnais des coups de pagaie. Ça faisait marrer mes amis ici, je n’ai jamais eu le temps de trop faire du va’a. »

Marama, qui surfait pas mal avant, se remet à la glisse et vient d’acheter un paddle avec lequel il va donner quelques coups de rame à Punauiaa quand il trouve le temps.

Il espère que ses fils arriveront à percer aussi dans le monde du foot. Dans tous les cas, il estime que le foot est une bonne école de la vie, et permet aux jeunes de générations de donner un cadre, une discipline tout en canalisant les énergies.

« Ici, on a pas mal de problèmes de jeunes qui sont tentés par la drogue ou l’alcool. Le foot, mais aussi les autres sports, permettent de proposer des alternatives. Il faut qu’on y consacre de l’énergie et des ressources financières pour aider ces jeunes à sortir par le haut. »

Jeune retraité, Marama nourrit une envie de faire et d’agir. Outre son travail d’encadrement des jeunes, il envisage de s’engager en politique afin de défendre sa vision du football et ses valeurs à ce niveau-là. En attendant, il va suivre la Coupe du Monde cet été et voit bien l’équipe de Didier Deschamps, formé lui aussi à l’école nantaise, réaliser un gros coup.

« À tous les jeunes tahitiens : continuez à rêver et ne lâchez rien ! »

Plus d'informations

Sur la page Facebook Marama Vahirua
Et sur le site de Marama avec ses stages de foot

1 Le jeu à la nantaise, mis en place au FC Nantes par José Arribas et Jean-Claude Suaudeau, désigne la capacité d’une équipe à développer un jeu fluide, porté sur l’offensive, à l’aide de phases collectives basées sur des passes en une ou deux touches de balles. Toutes proportions gardées, selon Marama, le FC Barcelone a copié le FC Nantes dans l’application de ce style de jeu.

G. C.
Rédacteur web

© Photos : G. C. 

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