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Société

Teihotua Tuuhia, parcours d’un Technicien Informatique et Télécoms

Publié le 18 août 2019

Peu nombreux sont ces Polynésiens qui osent se lancer dans des filières technologiques. Hommes de Polynésie. a rencontré l’un d’entre eux, Teihotua Tuuhia, dit « Teiho », Technicien Informatique et Télécoms à la TEP. Son parcours atypique, enrichi par les rencontres de sa vie, sont une vraie valeur ajoutée à sa carrière au fenua.

DE PAEA A GRENOBLE

Originaire de Paea où il grandit avec ses frères et sœurs, il reçoit une éducation basée sur le respect et la foi, dans un mode de vie en toute simplicité :

« Nous faisions nos corvées avant de passer aux loisirs, principalement le surf et la pêche sous-marine au fusil. Nous habitions en montagne, mais la mer était à 5 minutes. Avec mes cousins, on a même confectionné nos propres fusils avec une chambre à air, une tige de métal et un bout de fourchette.»

Son cursus scolaire débute à Paea et se poursuit au Taaone, où il opte en Seconde pour la filière Science de l’ingénieur.

« J’ai tout de suite été séduit par le côté pratique des choses, la manipulation d’objets, un peu de robotique et le dessin de pièces mécaniques. »

Etudiant, il s’oriente vers une filière universitaire en Génie électrique puis décide finalement de faire une licence de Physique-Chimie. Mais il interrompt sa formation en plein milieu, pour répondre à ses obligations religieuses. Teihotua est membre de l’église de Jésus-Christ, et l’heure était venue pour lui de se réaliser en tant que missionnaire.

« C’était un choix personnel, parce que je sentais que la motivation me manquait dans mes études. J’ai décidé de faire une pause en me consacrant à ma mission. »

Il sert pendant deux ans sur l’ensemble de la Polynésie, où il mettra à profit son contact avec la population des îles pour parler la langue tahitienne. « C’est à ce moment que j’ai appris le tahitien, je me suis même mis à lire la bible en tahitien. J’ai beaucoup partagé avec les gens et ça m’a fait prendre conscience de leurs difficultés au quotidien. »

Quatre mois après son retour, il se marie avec son amour de toujours, Barbara.

« C’est ma femme qui m’a encouragé à reprendre mes études à l’UPF. »

Retour donc sur les bancs d’école à 23 ans, directement en deuxième année, ou il crée de solides liens avec la nouvelle génération.

Il poursuit son cursus jusqu’à la licence, qui le mène en Métropole. Et pendant sa dernière année, il apprend que sa femme attend leur premier enfant. Teihotua envisage alors de rester au pays et de s’orienter vers l’enseignement, mais elle l’encourage à voir plus grand.

« Tu as les capacités, tente de postuler en France ! »

Et c’est ce qu’il fait. Il intègre une école d’ingénieur à l’Institut National Polytechnique de Grenoble, où il s’installe pour deux ans avec sa famille, qui compte désormais parmi ses membres le petit Heekili d’un an et deux mois. Teihotua suit des études en génie-électrique.

« Lorsque je suis arrivé, j’étais le seul homme marié de la classe, avec un enfant, et en plus religieux qui ne fume pas et ne bois pas. Ça a surpris toute la classe, qui me considérait comme l’aventurier venant d’une île à 18000 kilomètres ! »

Dans sa classe il n’y avait que 3 Français sur les 15 élèves. Les autres étaient originaires d’Afrique, Maghreb, Europe de l’Est et Chine. Ce Melting pot rend l’expérience des plus enrichissantes, tant sur le plan culturel que culinaire !

« Le poisson cru avait la palme d’or des plats préférés ! »

Sa seconde année à Grenoble lui donne accès à une formation professionnalisante, où il est payé pour aller à l’école ! Il décroche un contrat avec la société SuperGrid Institute à Lyon, spécialisée en technologies du courant continu en Haute tension.

« Mon professeur qui nous enseignait cette matière était également directeur scientifique du pôle Architecture et système Supergrid de l’entreprise. »

La société finance son année d’études avant de lui proposer un contrat de 6 mois en tant qu’ingénieur de recherche. L’objet de son travail portait sur le développement d’un outil de télécommunication intégrant le protocole IEC61850 et adapté aux réseaux HVDC.

« Il s’agit d’une nouvelle forme de télécommunication pour les postes électriques, un réseau intelligent qui limite la perte d’énergie dans son transport à très longue distance. »

Un procédé bien maitrisé en France, où l’énergie des éoliennes Off-shore est acheminée sur le continent en courant continu, tandis qu’en Polynésie, pour comparaison, son transport repose sur du courant alternatif.

Retour au fenua

Après six mois de formation, Barbara émet le souhait de rentrer au fenua, alors que Teihotua hésite entre la Suisse et Tahiti. Son île l’emporte, et il postule dans les deux plus importantes entreprises sur le territoire, la TEP et EDT, tout en sachant qu’une place l’attendait à Glasgow en Ecosse.

« Je voulais mettre mes compétences au service de mon fenua, c’est d’ailleurs ce qui a motivé mes études dans les énergies renouvelables. »

Depuis un an et demi, Teihotua est ingénieur dans les télécommunications à la TEP, où il met en pratique ses connaissances tout en maitrisant les enjeux de son service. A terme, il vise la réduction des pertes dans le transport d’énergie, et la mise en place de postes intelligents qui interagissent entre eux. Un projet dans ce sens est d’ailleurs en cours d’élaboration.

Aujourd’hui, il souhaite encourager haut et fort les générations futures à poursuivre des études dans ce domaine, et à avoir confiance en eux.

« Les étudiants polynésiens ont le niveau pour pouvoir se former à ces études, ils ont toute leur place, j’en suis la preuve, j’ai réussi ! Je souhaite tout particulièrement remercier ma femme Barbara, qui a toujours cru en moi, qui a su faire sortir le meilleur de moi et sans qui je ne serais pas là aujourd’hui ! »

Plus d'informations

Cet article est sponsorisé par : TEP – Société de Transport d’Energie électrique en Polynésie

site internet: www.tep.pf / page Facebook: teptahiti

 

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Hommes de Polynésie

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