Site de Femmes de Polynésie Hommes de Polynésie

Je passe
d'un site à l'autre

Société

Samy, acteur de la transition énergétique de la Polynésie
environnement

Samy, acteur de la transition énergétique de la Polynésie

Publié le 31 octobre 2018

Ingénieur de formation, Samy Hamdi travaille au sein de l’agence du développement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) à Papeete. Son but ? Accompagner les entreprises, les communes et le territoire du Fenua dans la transition énergétique. Hommes de Polynésie s’est entretenu avec Samy qui s’est confié sur son parcours et ses projets futurs.

Utiliser mes compétences d'ingénieur au service de la transition énergétique en Polynésie

Agé de 27 ans, Samy est chargé de mission énergie et bâtiment au sein de l’agence du développement et de la maîtrise de l’énergie. Auparavant en région parisienne dans une start-up de l’énergie, Samy cherchait une autre opportunité quand celle de la Polynésie s’est offerte à lui !

« J’ai le sentiment de me sentir vraiment utile dans le déploiement d’une nouvelle approche de l’énergie et de la consommation. Participer à la transition énergétique en Polynésie française, correspond au sens que je veux donner à ma carrière. Utiliser mes compétences au service de l’intérêt général et de la politique publique rend du sens aux études d’ingénieur que j’ai fait. De plus, j’ai été éduqué dans un univers où mes parents étaient investis dans le développement. Mon itinéraire est donc logique vis à vis de mon bagage familial et de mes inspirations. »

L’Ademe, rattachée aux ministères de la transition écologique et à la recherche et développement, est l’opérateur de la politique du développement durable de l’État. Composé de 900 collaborateurs, Samy détaille que l’ADEME intervient dans les champs de l’énergie, du déchet, de l’air et de la pollution. En Polynésie française, les compétences en matière d’énergie et de déchets sont au Pays. Samy insiste sur le fait que l’Ademe intervient en tant qu’accompagnateur des politiques menées par le Pays à travers des conventions de financement.

« Concrètement, j’accompagne des entreprises, des communes et le territoire dans la transition énergétique. Cet accompagnement se traduit par un appui technique à la réalisation d’études et le montage de dossier de financement. Par exemple, l’Ademe accompagne la commune de Moorea-Maiao pour la réalisation d’un schéma directeur de l’énergie. L’objectif est de faire dans un premier temps un état des lieux des consommations d’énergie et des systèmes de production d’énergie. Dans un second temps, l’étude analysera les évolutions futures des besoins électriques en fonction de l’évolution de la démographie par exemple. Enfin, l’étude montrera le potentiel de production d’énergie renouvelable pour répondre à ses besoins. Pour le dire simplement, l’objectif est d’offrir à la commune un outil pour la rendre autonome énergétiquement ! »

A une autre échelle, Samy explique que l’Ademe accompagne aussi la Société d’Exploitation du Bois Marquisien à Hiva Oa pour la réalisation d’une étude qui lie économie circulaire, production de chaleur et production d’électricité.

« L’objectif est là de valoriser les déchets de sciure pour alimenter une chaudière dont la vapeur séchera le bois. Dans le cycle de production de vapeur, un équipement permettra de produire d’électricité. La finalité est d’améliorer la qualité du bois et de rendre autonome la scierie. Une vraie dynamique est lancée depuis quelques mois pour valoriser le bois local. Ce projet permet donc de renforcer et donner une ampleur à cette volonté. »

Vers une sobriété énergétique en Polynésie

Samy affirme que la transition énergétique, ou l’autonomie énergétique, permet de requestionner nos paradigmes et surtout d’offrir de nouvelles voies de gouvernance.

« Nous voyons ici et là de nouvelles approches où les citoyens, par exemple, disposent et investissent dans les moyens de production d’énergie. Egalement, la démarche NegaWatt est en cela un concept intéressant. Elle consiste à d’abord travailler sur la sobriété afin de réduire les besoins, ensuite d’utiliser des équipements avec une bonne efficacité énergétique et ensuite de répondre aux besoins restants par les énergies renouvelables. »

Samy croit beaucoup dans l’écoconstruction, et au premier chef l’efficacité énergétique optimisée.

« Cette démarche est applicable dans beaucoup de domaines comme dans les déplacements en zone urbaine ou dans la conception de bâtiments bioclimatiques. Une meilleure isolation permet de réduire les apports thermiques dès la conception du bâtiment. On peut aussi exploiter un maximum la ventilation naturelle pour améliorer le confort de l’utilisateur, en faisant baisser drastiquement l’usage de la cilm’ ! Ensuite, on optimise l’utilisation des appareils jugée nécessaire. C’est là où les énergies renouvelables comme le photovoltaïque et le solaire thermique pour l’eau chaude ont un grand rôle à jouer ».

La solution gagnante semble donc être l’alliage d’une plus grande sobriété dans nos consommations, avec une plus grande part du renouvelable dans l’utilisation de nos appareils indispensables. Pour Samy, les enjeux en terme d’autonomie énergétique sont très forts pour des territoires insulaires voir même ultra insulaires pour les îles éloignées de Tahiti. Les réflexions évoluent actuellement avec une meilleure prise en compte de l’autonomie alimentaire dans le plan Climat Energie de la Polynésie Française. L’objectif est de tendre vers un territoire moins dépendant de l’extérieur et qui valorise les ressources locales.

« Je ne peux qu’inciter les jeunes à se lancer dans ces sujets. En plus, l’ADEME cherche des porteurs de projet motivés et sérieux ! Lancez-vous les gars pas dormir ! »

Samy souhaite ainsi se rendre encore plus disponible pour les porteurs de projet, en plus de son accompagnement des communes et des entreprises.

« Je suis pleinement convaincu que mon rôle est de contribuer au développement des questions liées à la transition énergétique des territoires pour sortir du modèle classique pour aller vers un modèle plus tourné vers la sobriété et l’efficacité. Les prochains objectifs sont de faire émerger des projets dans l’aménagement durable, la mobilité durable ainsi que le solaire thermique collectif. »

Quand il n’est pas derrière son bureau ou auprès des porteurs de projet, Samy s’adonne à diverses pratiques sportives du fenua.

« Mes activités tournent principalement autour de la mer. J’ai découvert le va’a un super sport où est mêlé performance individuelle et collective. J’ai participé au festival des îles avec une équipe de Beach Soccer. L’ambiance était « carrément » top comme on dit ici. Puis, bien entendu j’apprends à surfer. Les conditions sont assez exceptionnelles. Et puis j’ai découvert les îles autrement avec les randonnées dans les vallées. J’ai hâte que les sentiers soient un peu plus balisés pour faciliter la découverte des îles. Life ‘s better in Tahiti je comprends mieux le slogan maintenant ! »

G. C.
Rédacteur web

© Photos : G. C. et Samy Hamdi

Facebook
%d blogueurs aiment cette page :

En continuant à utiliser le site, vous acceptez l’utilisation des cookies. Plus d’informations

Les paramètres des cookies sur ce site sont définis sur « accepter les cookies » pour vous offrir la meilleure expérience de navigation possible. Si vous continuez à utiliser ce site sans changer vos paramètres de cookies ou si vous cliquez sur "Accepter" ci-dessous, vous consentez à cela.

Fermer