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Société

Patrice, ce Chef du punu pu’atoro made in Arue !

Publié le 9 juin 2019

Qui ne connaît pas le punu pu’atoro, n’est pas Polynésien ! Quel que soit l’archipel où nous vivons, nous avons tous goûté au moins une fois à cette fameuse conserve de viande de bœuf cuite, mondialement connue sous le nom de corned-beef. La production locale se fait par la COPA – la Conserverie du Pacifique, située à Arue. L’usine a exceptionnellement accepté de nous ouvrir les portes de sa cuisine confiée aux mains expertes de Patrice Tinorua. Hommes de Polynésie a donc rencontré ce Chef du punu pu’atoro made in fenua !

 

« Je travaille dans l’agroalimentaire à la Conserverie du Pacifique, je suis responsable de la décongélation et de la cuisson de la viande ». Il lui semble étrange de se définir ainsi, mais cela fait 12 ans qu’il exerce sans regrets ce métier, et il l’aime.

Ce père de 3 enfants mène une vie à mille lieues de ce que l’on pourrait imaginer. Il nous raconte sa journée type comme on raconterait la nôtre… à quelques nuances près. Il réside à Toahotu, sur la Presqu’île. Il se lève tous les jours à minuit pour se rendre à pieds à Taravao, à quatre kilomètres de son domicile, où il prend son bus pour Arue à deux heures du matin afin d’être opérationnel à son poste à six heures.

Il commence par nous raconter son enfance sur l’île de Tahaa, où il est né  : « c’était le top, les grands parents, et parents m’ont élevé à l’ancienne, dans le coprah avec un cadre et des horaires à respecter. Le respect était primordial, et si on n’écoutait pas on avait droit à la fameuse baguette magique : le balais niau ! ».

Un père pâtissier, une mère au foyer, 6 frères et sœurs, des grands-parents omniprésents…chez les Tinorua on ne tergiverse pas, on pêche, on cultive et on se nourrit de la récolte de son jardin. Patrice garde de son enfance « un souvenir magnifique, magique, heureux. ».

En 1992, une de ses sœurs tombe malade. Une pathologie qui oblige la famille à déménager sur Tahiti. Sur la grande île, tandis que sa sœur bénéficie de soins adaptés, Patrice, débrouillard, s’adapte à son nouveau chez lui. Scolarisé jusqu’en 6ème, il emprunte la voie du CJA (Centre pour Jeunes Adolescents) où il sera formé à la soudure. A 18 ans il décroche son premier job : soudeur-charpentier ! 

De 2008 à 2012 le bâtiment est en berne, la crise économique qui sévit la Polynésie contraint les entreprises du BTP à licencier. Patrice ne passe pas au travers des mailles du filet et devient malgré lui le maillon fort d’une société en pleine mutation : la COPA. Dépêché sur place par une agence d’intérim, il est d’abord manœuvre chargé de ranger des boites dans des cartons. Un CDI et quelques échelons plus tard il est nommé responsable du secteur de la production.

« J’ai appris sur le tas, en même temps que de parler français correctement ou de calculer. Sans la persévérance je n’y serais pas arrivé. J’ai heureusement un binôme avec lequel tout se passe bien – un regard suffit pour nous comprendre ! »

Une vocation ? Pas vraiment, mais ce qui est certain c’est que ce métier correspond à la personnalité de Patrice. « Si l’on n’aime pas être dans le lien, discuter et échanger avec les autres, on est malheureux à ce poste » assure t’il. Cela fait 12 ans qu’il est aux commandes de ce secteur, et en 2014 c’est la consécration pour la COPA, qui obtient la certification ISO 22000 – norme internationale portant sur la sécurité des denrées alimentaires. En clair, l’usine fournit en permanence des produits sûrs pour le consommateur.

« Nous avons rénové nos installations et sommes passés à un équipement semi-automatique. En plus de la qualité, nous avons gagné en confort de travail ! »

A la fin de sa journée de travail, généralement aux alentours de 14 heures, Patrice aura soulevé l’équivalent de 9 tonnes et produit 15 000 boites de conserves. Une fois sorti de l’usine, il prend la direction d’une salle de sport pour effectuer quelques tractions avec Manu Buchin, son coach sportif. Car après le boulot Patrice, multiple champion de Body building, enfile sa tenue de sportif : « ce sport a transformé ma vie ! ».

Hors compétition Patrice avoue se régaler de punu pu’atoro. Sa façon de le préparer ? Il passe la boite à l’eau bouillante, puis filtre le gras à la passoire chinoise, le récupère et y fait revenir des légumes comme le haricot long. « Tu auras moins ce gras qui vient chatouiller les papilles, et s’il y a bien un conseil que je peux vous donner c’est de le consommer simplement sans ajout de matière grasse et même à la diète. Il faut savoir le préparer. Le punu pu’atoro c’est bon avec modération ! »

C’est sûr, vous porterez un regard neuf sur cette fameuse boite de punu pu’atoro et penserez alors à cet homme qui parcourt en pleine nuit quelques kilomètres pour rejoindre son foyer. Nous quittons Patrice qui a une pensée toute particulière pour son cocon familial : « Les valeurs d’humilité, de simplicité, doivent impérativement nous guider, à une époque où le passé doit servir demain à nos enfants pour qu’ils puissent s’épanouir pleinement. Je souhaite le bonheur à mes enfants. Ne vous compliquez pas la vie et avancez quoi qu’il arrive. Je vous souhaite tout le bonheur du monde. »

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Sponsorisé par : Conserverie du Pacifique 

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Hommes de Polynésie

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