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Société

Jason Man Sang, parcours exemplaire d’un éco-citoyen du fenua

Publié le 29 novembre 2019

Le combat « écolo », Jason Man Sang est tombé dedans quand il était étudiant. Si aujourd’hui ce combat est devenu son cheval de bataille, Jason s’est longtemps cherché. Aujourd’hui (re)connu pour ses deux tours de l’île à brouette, il essaye de porter ce message à travers chaque action qu’il mène, que ce soit auprès de scolaires, d’associations, d’institutions ou d’entreprises. Il semblait incontournable pour Hommes de Polynésie de lui donner la parole : retracer son parcours c’était assurément espérer créer de nouvelles vocations auprès de la jeunesse du fenua.

Jason entouré de la « team brouette » lors du 2e tour de l’île

Une brouette pour militer

« Il faut se faire entendre, se prouver qu’on peut le faire, c’est pas grave si c’est dur, on continue d’avancer debout. »

Reconnaissable à son bandana sur la tête, Jason Man Sang est d’un engagement sans faille et de toute heure pour l’environnement, l’écologie, le climat. Il est de ceux qui aspirent à un retour à une vie plus simple, davantage connectée à la nature et à ce(ux) qui nous entoure(nt).

Ce jeune homme militant, vous l’avez certainement découvert lors de la médiatisation de ses deux tours de l’île en mars et septembre 2019. A son contact, on ne peut que constater ses connaissances tout autant que son humilité à vouloir partager ses convictions environnementales.

Un cheminement vers une transition entamée, alors que plus jeune, il rêvait d’être astronome, « parce que c’est fichtrement beau là-haut quand même » ! Après une première année de Physique-Chimie à l’Université de Polynésie française, il part s’installer en Alsace pour poursuivre ses études. Mais son destin est visiblement ailleurs : il n’ira jamais jusqu’en master.

La « team brouette » et le comité d’accueil à Papeete PK0 lors de la fin du 2e tour de l’île, avec tous les produits locaux récoltés sur le chemin

La transition écologique

Dès sa deuxième année, il amorce sa transition en devenant végétarien. C’est à ce moment-là qu’il s’interroge sur ce qu’il achète :

« J’ai rapidement réalisé que pour tout achat, je répandais mort et destruction. »

Il s’engage alors sur la voie du bio, du local, du vegan, puis finalement vers le zéro déchet. Et tous ces changements, il y prend rapidement goût, il est content d’avoir le plus faible impact possible :

« En trois ans, je réalise que c’est tout une cohérence à avoir, tout est lié. Tout est optimisé, cela devient une obsession de réduire mon impact au maximum. Suppression des conforts superflus : plus de chauffage, plus de frigo. »

Il décide alors, en accord avec sa nouvelle démarche, de se réorienter vers l’ingénierie environnementale et le biomimétisme : s’inspirer de la nature pour créer les technologies de demain. Mais les grèves pour le climat de 2017 rendent l’urgence de l’action encore plus prégnante.

« Mon obsession de la consommation minimum, c’était bien pour l’égo, mais ça ne changeait pas les choses assez vite : il fallait passer à l’activisme. J’arrête donc mes études pour être plus efficace dans la lutte. C’est le moment du retour au fenua, et après 4 mois de ‘je veux sauver le monde’, des associations locales me sollicitent pour les accompagner. »

Parmi les principales : Nana sac plastique, Colibris Tahiti, la FAPE avec son projet Heimata’ara. Également une participation à des événements comme le Village pour l’Alimentation et l’Innovation (VAI) ou le programme « Famille zéro pehu ». Quoi qu’il arrive, sa mission est de créer un large réseau de gens connectés entre eux pour (ré)agir ensemble.

Une partie de l’équipe Hei Mata’ara, réseau d’éco-sentinelles déployé en Polynésie

Une révolution par l’exemplarité

Pour être en cohérence avec son message et montrer l’exemple à ceux qui, comme lui, ont décidé de faire un pas de géant, Jason expérimente la sobriété et l’autonomie alimentaire et énergétique. C’est sur le terrain familial qu’il se forme à la permaculture, au compostage et à l’éco-construction pour tendre vers l’autosuffisance. 

Tout récemment, entre octobre et novembre 2019, il est parti en bateau à Rapa aux Australes pour animer à lui seul le Salon du Livre. Lui et ses cartons de livres soigneusement confiés par l’AETI1, « parce qu’on a beaucoup à apprendre de Rapa et de toutes ces îles préservées. »

« Il faut un temps pour sauver le monde, un autre pour l’admirer, car l’écologie, si on regarde bien, c’est plutôt ouvrir les portes que les fermer. »

1 Association des Editeurs de Tahiti et des Îles

 

Plus d'informations

Vaea D.
Rédactrice web

© Photos : Tahiti Zoom et Jason Man Sang

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