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Société

Pêcheur aux Marquises - Hommes de Polynésie
pêche traditionnelle

Denis Pati, 53 ans, pêcheur traditionnel aux Marquises

Publié le 26 décembre 2017

Denis Pati est un pêcheur marquisien. Il vit dans la vallée de Hakatao, à Ua Pou. Il pêche le thon à la ligne pour nourrir sa famille. Il a appris les gestes de son père et les transmet à son fils. Malgré la raréfaction des ressources il croit encore à des lendemains qui chantent. Il le raconte à Hommes de Polynésie

Pour rencontrer Denis Pati, il faut se rendre aux Marquises. De Tahiti, prendre un ATR en direction de Nuku Hiva. Puis, monter dans un Twin Otter (une quinzaine de sièges disponibles) pour rallier Ua Pou. Quand le vent souffle, la traversée est agitée. Le petit appareil n’a pas la force de faire face et de rester stable.

Au bout d’une demi-heure, une langue de bitume apparaît au pied des pics de l’île aux cailloux fleuris. C’est la piste de l’aérodrome. L’atterrissage est technique, les pilotes aguerris. Ils doivent tout de même faire plusieurs tentatives avant de poser les roues de l’engin au sol.

Grimper ensuite dans un 4×4 puis s’aventurer sur la piste qui permet de rejoindre la vallée de Hakatao, la vallée de Denis. Compter 2h30 de trajet sur une route parfois très accidentée, souvent sinueuse, toujours imprévisible.

La rencontre après le long voyage

Ce n’est qu’après tout ce périple que le pêcheur se livre. Il pêche le thon à la ligne. Il attend sur la plage de galets, le regard posé sur l’horizon. Son fils de 10 ans se trouve sur les rochers qui enserrent la baie. Il attrape des petits poissons en attendant de pouvoir lui aussi pêcher les gros.

Sur la plage se trouvent aussi les pirogues fabriquées elles-aussi dans la vallée. Sur les pirogues, chacun a son rôle, un pilote tient la ligne lestée par une pierre, le passager une gaffe et/ou une matraque. Denis Pati emmène sa femme ou sa fille avec lui.

« Mon fils est encore trop jeune, je l’ai emmené une fois, il a été malade. Comme je l’avais été moi aussi lors de mes premières sorties avec mon père. J’avais à peu près le même âge que lui. »

En général, le binôme part sur l’eau un peu avant le lever du soleil avec une glacière et une frontale. Les ature1 servent d’appâts. Ils sont découpés à bord de la pirogue. Les zones de pêche varient de peu, mais sont tout de même fonction des courants et du vent. Denis Pati lit les vagues pour connaître la houle. 

À bord de sa pirogue il met les gaz vers l’horizon, face à la baie. Sur la gauche se trouvent deux motu2 au loin. « On stoppe la pirogue quand on découvre le 2ème motu derrière le 1er. » Quand il découvre le sens du courant, il redémarre « et on met les lignes à l’eau en descendant ce courant. »

De moins en moins de poissons

Les sorties en mer ne sont pas toujours fructueuses. Pas autant qu’avant. Les pêcheurs alors pouvaient partir à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit, de l’année aussi. Ils rentraient avec du poisson. Maintenant, quand elles sont là, les prises font entre 10 et 15 kg. « Plus petits, on les remet à l’eau. »

D’après Denis Pati, si la ressource a diminué c’est à cause du changement climatique et des pêcheurs des vallées voisines qui viennent se servir chez eux. Ils doivent, eux aussi, faire face à une raréfaction des poissons.

1 Poisson très voisin du chin-char. (Source : Dictionnaire tahitien en ligne)
2 Île basse ou atoll par opposition à île haute. (Source : Dictionnaire tahitien en ligne)

Delphine Barrais
Rédactrice web

© Photos : Delphine Barrais

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