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Portrait

Numa, un marquisien investit dans ses projets
amoureux de la nature

Numa, un marquisien investit dans ses projets

Publié le 25 janvier 2018

Numa Rauzy, marié et père de deux jeunes enfants, est un grand amoureux de la nature et des animaux. Constamment, son esprit d’entrepreneur le fait voyager ici et là, tant il ne tient pas en place et que tout lui semble possible. Surtout dans son île natale : Hiva oa, où il est revenu s’installer il y a sept ans de cela.  Sa philosophie ? Le confort dans la grande brousse ! Hommes de Polynésie a rencontré ce marquisien à l’esprit de famille très développé qui n’a pas peur de prendre des risques.

Un parcours qui va du chef d'entreprise au professeur des écoles

Numa est né à Atuona le 24 mai 1976. Il y passe son enfance dans une famille très soudée, entouré de ses deux sœurs, Edel et Poema. Par la suite, il suit sa famille à Tahiti à l’âge de 12 ans, car sa sœur aîné Edel rentre au lycée La Mennais. Les grandes vacances de juillet à décembre, il les passe aux Marquises, et les petites vacances, à Raiatea d’où est originaire sa maman. Aux cours de ses années d’étudiant, il obtient un deug de droit puis une licence d’AES (Administration Économique et Sociale) à l’université de Polynésie et décide de revenir aux Marquises en 2001.

« Jusqu’à 27 ans, j’ai vécu à Tahiti. J’ai profité de la ville mais je savais que ce n’était pas fait pour moi. Étudiant, pour le trip, c’est l’idéal, mais pas pour une vie de famille. »

Il y crée l’entreprise « Atuona Rent a Car ». Ce trait de caractère entrepreneur ? Numa le tient de son grand-père, Emile Rauzy.

« Un visionnaire ! À la base, banquier à Tahiti, il s’éprend de la fille du maire de Faa’a, ma grand-mère Aubry. Il l’embarque et l’envoie aux Marquises. »

Suite à une proposition d’être à la décharge de la directrice de l’école Sainte Anne pendant deux ans, Numa s’oriente vers le domaine de l’Éducation. Ce métier lui plaît et Numa décide alors de se former à Tahiti à l’IFEP qui dispense une formation pour être enseignant du privé. Il y passe son concours interne privé pour être professeur des écoles titulaire.

« J’ai enseigné 3 ans à l’école de la Mission, puis je suis revenu à Hiva oa. J’enseigne à l’école Ste Anne de Atuona, une classe de CE1 – CE2 en double niveau. »

Cela fait 16 ans qu’il vit en couple avec sa femme Manola, enseignante elle aussi. Ensemble, ils ont deux enfants, Tefanoarii, leur garçon de 8 ans, et Hihimahana, leur petite fille de 3 ans. Près de la famille et entouré de leurs amis, la vie y est agréable.

« Je ne me revoyais pas vivre ailleurs. Revenir vivre aux Marquises, avec une marquisienne, c’était mon objectif. Les Marquises, c’est spécial. »

Une passion pour les animaux, la nature

Planter, élever les animaux, Numa y arrive très vite car il aime la nature et la terre. Retrousser ses manches, quand d’autres préfèrent s’amuser, fait partie de son quotidien.

« J’élève des chèvres, une quarantaine, une quinzaine de chevaux. Au départ, c’était juste un délire, juste pour le fun. Il a fallu débrousser le terrain. Mais pour moi, t’es aux Marquises, t’as des animaux, ça va avec ! »

Parti avec deux juments, Numa en a aujourd’hui quinze. Il sélectionne les mâles et un de ses projets est d’avoir un ranch avec des chevaux et des chèvres. « Une vie simple dans mon petit domaine. »

Sa maison ? Il l’a construite il y a quatre ans et fait venir une scierie du Canada pour cela. Avec du bois traité de Tahiti, sa maison prend forme.

« Ici, il n’y a pas de limites aux projets. Je me suis créé tous mes rêves. J’ai un beau petit spot bien chiadé, avec motocross, quad, balltrap, tennis et practise de golf. Dans mon four à pizza, je cuis un petit cochon ou un gigot quand je reçois mes amis. »

La fibre commerciale dans le sang

Numa teste tous les business : « J’ai fait venir un container de Cost&Co, voir si ça pouvait marcher. »

En 2017, il prend une disponibilité de l’éducation afin de faire tout ce qu’il a envie de finir, bien mettre tout à plat. Pour Numa, il en est convaincu : il y a tout à faire aux Marquises. Il y a trente ans, il n’y avait pas trop de débouchés, mais aujourd’hui, ça se développe.

« Ce n’est plus aussi paumé qu’avant, il y a un avion tous les jours et c’est plus développé que la plupart des îles de Tuamotu. »

Avec mille projets en tête, Numa se projette : « Dès que quelqu’un me parle d’un truc, c’est porteur. Je n’ai pas peur de me planter car au contraire, c’est en te plantant que tu arrives à connaître. »

Un trait de caractère qu’il attribue à la fierté marquisienne : « Si j’ai une conviction, ça passe ou ça casse, c’est une prise de risque. Je ne peux pas fermer ma bouche. Ça, c’est une fierté des marquisiens. »

De son côté français, il en retire une sagesse paysanne : « En France, le paysan sait qu’il faut faire des réserves car il y a 2-3 mois dans l’année où on ne peut plus produire. C’est vrai que le polynésien n’a jamais ce sentiment de manque. Or, il faut avoir faim dans le business, prendre des risques, faire des efforts. »

Souvent, lorsque des amis tahitiens lui disent : « il n’y a rien à faire aux Marquises, c’est à l’autre bout du monde ! », Numa sourit : « S’ils voyaient notre qualité de vie ! », me dit-il. 

Les valeurs qui comptent pour lui ? La famille d’abord, parce qu’elle est la fondation sur laquelle on se construit : « un enfant avec une famille stable réussit dans la vie. Je préfère mettre mon cœur et mes idées pour ma famille. Il faut d’abord être bien soi-même avant d’aider les autres. » Et le travail, bien sûr ! : « ma politique, aide-toi et le Ciel t’aidera ! »

Tehina de la Motte
Rédactrice web

© Photos : Hommes de Polynésie

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