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Portrait

Moana Lemoule, homme des vignes et de la mer

Publié le 22 mars 2019

Steve Moana Lemoule est un homme de la terre, attaché à ses racines et à ses vignes. En France, il a repris le domaine familial où il produit du vin et récolte des cerises. Mais Moana est également un homme de la mer, où dans ses veines coule son fenua. Il raconte son parcours à  Hommes de Polynésie

Avec un père dans la Marine qui a rencontré sa mère à Raiatea lors de l’un de ses périples professionnels, Steve Moana Lemoule a beaucoup voyagé durant sa jeunesse (Tahiti, France, Arabie saoudite…). Mais en 1991, alors qu’il est âgé de 16 ans, sa famille décide de rentrer vivre définitivement en métropole. Son père quitte la mer pour les vignes, et il reprend l’exploitation familiale à Coulanges-la-Vineuse, le seul vignoble versant ouest de l’Yonne en Bourgogne du Nord.

Son baccalauréat obtenu, Moana, passionné par l’enseignement passe un DEUG de géographie qu’il arrête en cours d’année pour pouvoir reprendre l’exploitation de son père en 1999 : “je ne connaissais rien au vin à la base puisque je n’ai pas grandi, évolué dans ce milieu-là”. À force d’aller l’été travailler avec son père, il développe peu à peu son amour pour les vignes : “j’ai eu un coup de foudre. Ce métier est génial. C’est l’inspiration des uns et des autres qui va vraiment marquer notre vin, et je trouve cela super”.

“Je fais du vin comme moi je l’aime”

Pourtant, le jeune homme n’était pas un grand fan de vin au départ : “quand je me suis rendu compte qu’on pouvait agir et orienter le goût du vin, alors là, c’est devenu intéressant. Je fais du vin comme moi je l’aime, c’est-à-dire avec peu d’âpreté et d’amertume, et pratiquement pas d’acidité. Des vins qui ont beaucoup de rondeur et qui sont faciles à boire. Un vin fédérateur et festif”.

Du vin et des cerises

Aujourd’hui, l’exploitation familiale qui s’étend sur 23 hectares vend 120 000 bouteilles par an (contre 20 000 il y a 10 ans) et deux tonnes de cerises sont cueillies chaque jour en période de pleine récolte. Et comme pour son vin, Moana cible majoritairement les particuliers, une réelle volonté : “C’est ce qui est intéressant justement dans le métier, de toucher directement le client. Nous ne vendons rien à l’export ou aux négociants. Nous avons un gros portefeuille clients”.

Depuis 2013, Moana a racheté le domaine viticole. Et bien que son père soit à la retraite, il est toujours dans les parages : “papa est tout le temps là pour nous recadrer, pour superviser. C’est quand même son bébé, le domaine. Heureusement qu’il est là, on peut compter sur lui”. Le frère de Moana travaille aussi avec lui : “Il est sur la partie viticulture, et ma sœur est sur la partie gestion. On s’entend tous hyper bien et on aime être ensemble. Je ne me suis jamais fâché de toute ma vie avec ma sœur !”. Moana s’occupe quant à lui de la partie vinification et commerce, ainsi que du relationnel.

Âgé de 43 ans aujourd’hui, le vigneron est des plus épanouis dans sa vie : “c’est un métier qui rend vite heureux. On travaille dehors, on a une qualité de vie exceptionnelle, on travaille à côté d’où on habite, on a un cadre magnifique… Faire du vin est devenu une passion. D’ailleurs, pour faire du bon vin, il faut être passionné”.

Même s’il concède que son fenua le manque, où vit encore une bonne partie de sa famille : “Quand je vais à Tahiti, je passe plus de temps sous l’eau qu’au-dessus. J’aime l’océan, et dans mes veines coule le fenua. J’ai besoin d’aller là-bas me ressourcer, voir ma sœur, ma mère… Je ne suis pas la même personne qu’en France. Je m’y sens vraiment bien”.

“Les gens me disent ressentir de l’exotisme dans mon vin”

Et son amour pour le fenua, on le ressent jusque dans son vin : “mon vin est très Polynésien, il est doux, il est convivial, festif, joyeux. Les gens me disent ressentir de l’exotisme dans mon vin”. Un vin qu’il aimerait bien vendre un jour en Polynésie : “pourquoi pas, ça serait génial !”.

En attendant, Moana aimerait développer avec sa fille de 21 ans l’œnotourisme sur le domaine et “progressivement passer en biodynamie”. Et après la cerise, il aimerait développer l’abricot, la pêche, la nectarine ou encore le kiwi : “avec le changement climatique, on se rend compte que l’on commence à avoir de plus en plus des terres propices aux arbres fruitiers”.

Il combine également désormais sa passion pour le vin à celle de l’enseignement. Une passion qu’il ne l’a jamais vraiment quitté, puisqu’il donne des cours sur la vinification à des enfants de son village : “ils font eux-mêmes leur vin, je leur mets une vigne à disposition”. Une belle transmission de ses valeurs polynésiennes et de son savoir-faire métropolitain.

Noémie Schetrit
Rédactrice web

© Photos : Moana Lemoule, Noémie Schetrit

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