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Leonard, père du potimarara - Hommes de Polynésie
bateau & pêche

Leonard, le père du potimarara

Publié le 30 janvier 2018

Léonard Deane est un papi aujourd’hui. Il a été un pêcheur hors pair, fringuant et agile avant d’imaginer ce qui est aujourd’hui devenu le bateau des Polynésiens, le potimarara. Pour Hommes de Polynésie, il revient sur une histoire, son histoire et sur l’évolution de cette embarcation unique au monde.

© www.thetahititraveler.com

Le potimarara est un bateau qui permet aux pêcheurs de traquer (et prendre) le poisson tout en pilotant. C’est aussi devenu, dans les îles en particulier, un moyen de transport pour déplacer les touristes jusqu’aux pensions de famille, récupérer du fret près des goélettes, se déplacer pour aller travailler ou pour passer une journée au motu1. S’il appartient désormais à tous les Polynésiens, il n’a qu’un père, Leonard Deane. Tahitien d’origine, il passe une bonne partie de l’année aux Australes.

Le poti c’est « le bateau ». Le « marara », le poisson volant. Le nom du potimarara tient du fait que Léonard Deane a commencé sa vie de pêcheur en allant attrapant des poissons volants. Il partait alors à la tombée de la nuit pour trois ou quatre heures de pêche, souvent avec son père et son oncle. Il avait alors 13 ou 14 ans.

Les 5 marara © www.prog-rahui.com

« On s’installait sur une pirogue avec, à l’avant, le pêcheur et son épuisette, à l’arrière, le pilote. »

En guise d’éclairage, le pêcheur portait un flambeau de palmes de cocotier. À l’arrière, le pilote devait suivre les indications et réagir le plus rapidement possible. Sans quoi, les marara plongeaient et l’épuisette remontait à vide. Grâce aux conseils de son père et de son oncle, il acquit son autonomie.

Léonard Deane était agile, très agile. Mais il était aussi exigeant. Très exigeant. Trop peut-être pour ses acolytes qui le quittèrent, un à un. Lui qui ne supportait pas de rentrer avec une pêche plus maigre que les autres, se retrouva vite sans pilote. Il se mit à rêver d’un bateau qu’il pourrait manœuvrer seul.

Mahi mahi - © Guy Marcovaldi & www.thetahititraveler.com

Son rêve pris forme. Il installa une caisse à l’avant d’un petit bateau à moteur de façon à pouvoir rester debout. Il construisit une rallonge en bambou pour garder la main sur l’accélérateur. Enfin, il installa un poteau à l’avant avec des câbles et des poulies rejoignant le moteur pour pouvoir aller à tribord ou bâbords. Son invention fit sensation. Aux quatre coins de Tahiti, il n’était plus question que de l’invention de Léonard. Un concessionnaire de moteurs le contacta pour des commandes.

Son entourage, vu l’intérêt que le potimarara suscitait, encouragea Léonard Deane à breveter son invention, « mais il n’a rien écouté. En fait, il pensait que les jeunes générations de pêcheurs se détourneraient du marara », rapporte Coco, son fils. Mais très vite, les usagers découvrirent que le potimarara était aussi très pratique pour courser et épuiser le mahi mahi. Les commandes redoublèrent. Sur le territoire, une cinquantaine de bateaux de 16 à 22 pieds sont livrés chaque année.

Léonard Deane, lui, revient régulièrement à Arue, où l’un de ses fils continue à construire des potimarara dans la maison familiale. Il regarde la mer en repensant à ses sorties et ses prises, récupérées grâce à son bateau.

1 Ilot de sable sur un récif. (Source : dictionnaire tahitien en ligne)

Delphine Barrais
Rédactrice web

© Photos : Delphine Barrais, Guy Marcovaldi, thetahititraveler.com, scoopnest.com, prog-rahui.com

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