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Évasion

Narii, Bora Bora mon amour !

Publié le 7 mars 2019

Narii a 31 ans. Il est guide touristique à Bora Bora. Rien de bien extraordinaire à un détail près : il a fait le choix d’une vie saine et simple loin du tumulte urbain de la capitale. Une décision qui l’a tout naturellement conduit à faire de son mode de vie son activité professionnelle. Hommes de Polynésie vous conte le parcours d’un jeune polynésien à la reconquête de sa culture.

RETOUR AUX SOURCES

Une de ses caractéristiques :  son sourire ! Tout le monde à Bora Bora vous en parlera. Ils vous parleront également de son tatouage de requin sur le haut du corps, son tapa’o, son animal protecteur comme à celui de l’ensemble de sa famille. Un arbre qui a pris racine aux îles sous le vent par le biais de son arrière-grand-père paternel, un natif de la perle du pacifique. Ce dernier partira avec son fils vivre à Tahiti. La branche maternelle elle est une souche de Maiao.

« Mes parents sont des parents exemplaires qui nous ont inculqués à ma sœur et moi, le respect, la gentillesse et la douceur. »

La nouvelle génération est née avec Teura sa femme, ils ont eu deux enfants :  Mihiau, 14 ans et Kahiau, 12 ans. Ensemble ils partagent la musique locale comme ces titres phares de son ami compositeur « motu uta » ou « hinamoe ». Les bringues en petits comités d’amis sont l’occasion pour lui de s’exercer à jouer au Ukulele.

« Ma fille est de plus en plus attentive au ukulele et s’entraine avec moi. C’est ma femme qui en prend plein les oreilles le soir. »

Les variétés internationales comme, Ben Harper, Jack Johnson ou les mélodies Hawaïennes font également partie de son répertoire favori. Narii est un gourmand de la vie et un bon vivant qui apprécie les plaisirs de la table… Le ma’a Tahiti mais surtout le fe’i sont sans conteste ses coups de cœur.

Quant à ses hobbies ils sont tout aussi éclectiques que ses goûts musicaux car cela va du rugby, au ukulele, en passant par des moments en famille, la mer et de plus en plus la culture. En revanche il est un point sur lequel il avoue ne pas avoir du tout été doué :  un bon élève.

« En primaire et au collège, lorsque ma mère me faisait réciter mes leçons en cuisinant, j’inventais les leçons, elle s’apercevait des incohérences et j’avais droit à la cuillère en bois. »

Après avoir échoué au baccalauréat au lycée du Taaone, il a décidé de s’orienter vers les métiers de la mer et c’est donc tout naturellement qu’il s’est inscrit à l’école maritime. Tout naturellement parce qu’entre la mer et lui c’est une histoire qui remonte à son enfance. Elle l’appelait déjà alors qu’il n’avait que 10 ans. A cette époque, il avait pris l’habitude d’accompagner son père à la pêche au large.

En 2008 à force de travail, il a décroché le brevet de capitaine au Centre des Métiers et de la Mer de Polynésie Française. Un document bien utile en 2014 lorsque sa femme originaire de Bora Bora a demandé sa mutation pour se rapprocher de ses parents. Narii a quitté son emploi de chauffeur, livreur pour la suivre avec leurs enfants.

« Une page allait se tourner et je pouvais enfin me projeter dans un métier qui touchait le domaine maritime avec ce si beau lagon turquoise de Bora Bora. »

CHANGEMENT DE VIE

Ce métier a été celui de capitaine pendant 10 mois pour le compte du Sofitel. Il a ensuite promené les touristes en tant que salarié pour une entreprise de l’île pendant 3 ans avant de se former au métier de guide d’activité lagunaire et lancer son activité. Une société d’excursions en 2017 lui « permettant de vivre de ma passion dans les règles. »

Narii est un homme de convictions, rigoureux et animé par la volonté de préserver l’authenticité de son île. Il offre la possibilité aux visiteurs, touristes et gens de passage de vivre le temps de leur séjour à l’heure polynésienne. Aux activités lagonaires en pleine nature, il a ajouté les légendes, l’initiation au va’a ou bien encore comment se débrouiller seul sur un motu. Par ailleurs il vient de faire l’acquisition d’une pirogue.

« Heureusement que ma femme fait la « sorcière » pour me donner un coup de pied aux fesses sinon je n’en serais pas là aujourd’hui et je me laisserai vivre. Vraiment, on est un binôme qui fonctionne avec des hauts et des bas, comme tous les couples ! Et qui se complète »

A lui la magie du lieu, à elle la communication. Leurs deux enfants quant à eux sont les héritiers. Une relève qui aime l’accompagner lors de ses sorties, l’une pour faire la photographe et l’autre pour faire le matelot et apprendre le métier de guide lagonaire. « C’est un dauphin dans l’eau ».  Il a ce contact facile et paraît-il une empathie évidente.

« Ce sont mes clients qui le disent ! »

NARII, UNE PHILOSOPHIE DE VIE

Le temps d’une journée Narii amène son hôte à voir la vie comme il la voit : un paysage idyllique à préserver coûte que coûte. Rien à ses yeux ne vaut ce « retour aux sources » avec une nourriture saine, une nature préservée, une maîtrise d’us et coutumes. Vivre en marge de « la société de consommation » tout en restant connecté est pour lui une évidence. On ne peut avoir l’un sans l’autre.

« De plus en plus d’émissions culturelles participent à cet état de fait :  Tatau, Ta’ata Tumu, Faatiamai, 100% fenua, Ia Orana Pacific, A vos baskets, prêt cuisinez, des portraits de polynésiens, FIFO, Histoires d’outre mers, Couleurs d’outre mers, je suis attentif ainsi que mes enfants à ce type d’émission. Nous sommes, même s’il y a encore trop de récalcitrants, de plus en plus sensibles au bien être de la nature, des repas sains car on s’aperçoit que ce que l’on mange reflète ce que notre corps est (maladie, obésité) du coup, cela devient une question de survie plus qu’un effet de mode. »

Narii est de ceux qui aiment innover en matière de transmission de savoir ancestral, c’est ce qu’il propose dans ses tours culturels et lagonaires et pour mieux s’en rendre compte, il faut se rendre sur la perle du pacifique pour juger sur place.

« Le monde rêve de Polynésie, à nous de préserver nos joyaux et de maintenir, chacun à notre manière, jour après jour, ce que nos ancêtres ont fait ! Regarder le passé pour se souvenir d’où nous venons. Regarder ici et maintenant pour vivre intensément le présent et les richesses de nos îles du Pacifique. Et enfin, regarder devant et innover, en gardant toujours à l’esprit les valeurs de nos anciens et d’où nous venons, mais aussi un côté humain, attentif et souriant du polynésien. »

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Narii TARUOURA

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