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Art & Culture

TEIVA LC, Lorsque la voix trace la voie.

Publié le 14 janvier 2019

Il est l’un de nos chanteurs polynésiens le plus populaire. On entend surtout parler de lui au gré de son actualité musicale mais Teiva LC ne se dévoile pas souvent sur sa jeunesse. Celui qui est aussi un ambassadeur du fenua et un chef d’entreprise s’est confié à Hommes de Polynésie

Le petit Teiva a vu le jour à Montpellier mais il rentre au fenua à l’âge de 2 mois. Il passe son enfance dans un quartier très « roots » de Tipaerui, puis à Punaauia dans la vallée de Matatia où il aime faire du vélo et jouer avec ses copains à la rivière. Plus tard, avec ses deux soeurs, il reste sur Punaauia, mais s’installe sur les hauteurs de Te Maru Ata où il vit toujours dans cette ambiance familiale.

« J’étais un élève passable jusqu’en seconde »

Tout va plutôt bien à l’école jusqu’à la classe de seconde, où les sorties avec les copains et les copines, et les virées en moto prennent le dessus sur les études. La moto qui devient une passion pour le jeune Teiva.

GAGNER DES SOUS POUR FINANCER SA PASSION POUR LA MOTO

Teiva est passionné de mécanique. Il veut bricoler sa moto, mais cela demande des moyens. Pour cela, il profite de sa rencontre avec Michel Guillemet qui produit de l’huile de Tamanu, et le voilà qu’il travaille pour lui après les cours.

Mais la musique n’est pas loin et est déjà présente dans la famille de Teiva, avec une maman qui était chef de choeur au Sacré Coeur de Taravao et un papa qui était guitariste et chanteur au Quinn’s. Lui-même joue du piano depuis l’âge de 7 ans, mais il est plus attiré par le fait de chanter.

« petit à petit, le nouveau phénomène du karaoke arrive à Tahiti »

Teiva aime chanter du Michael Jackson, mais aussi, localement, les chansons de Gabilou et d’Esther Tefana.
Puis une nouvelle mode venue d’Asie fait son apparition et va provoquer un tsunami de passions dans le monde entier : le karaoke.

Le papa de Teiva pratiquait le tae kwon do à haut niveau, et notamment en Corée où il lie des liens amicaux, notamment avec le consul de Corée, dont la fille, Grace, va devenir la soeur de lait de Teiva qui lui fera découvrir le karaoke.

Teiva adore ça immédiatement et s’éclate à chanter les tubes de Paul Anka (« Diana ») ou de Ray Charles (« Georgia »).

L’ÉPOQUE DES PETITS BOULOTS

Vers 18 ans, Teiva n’est plus très assidu avec les études. Il préfère travailler et enchaîne les petits boulots. Il devient animateur de karaoke au Chaplin’s puis sur la scène du Paradise night. Mais il n’a pas peur d’abattre du boulot et devient également, le matin, livreur du quotidien La Dépêche, entre 3 heures et 6 heures du matin, en parcourant la ville en scooter. En 2001, il décroche un CDD chez Air Tahiti, mais le 11 septembre lui fera presque perdre la chance de décrocher un CDI.

« Pendant mon passage à Air Tahiti, je fais une rencontre décisive pour la suite de ma carrière »

Teiva démarre comme agent commercial, puis évolue vers un poste d’agent d’opérations, l’étape ultime avant de devenir pilote. Son job consiste à préparer les vols pour les commandants de bord. L’une de ses fiertés c’est d’avoir préparer des vols pour son papa, pilote.

Et dans le personnel d’Air Tahiti, il y a une certaine Marguerite Lai, qui était agent fret, mais également bien sûr, la chef de la troupe O Tahiti E. Marguerite lui dit qu’elle cherche un deuxième choriste pour sa troupe. Bien que ne chantant pas en tahitien, il a une semaine pour apprendre cinq chansons pour un show au Captaine Bligh.  Puis c’est l’époque des tournées avec la troupe, jusqu’en 2006, date où Teiva démissionne d’Air Tahiti.

DÉBUT DE LA CARRIÈRE EN SOLO

C’est décidé : Teiva sera chanteur, et va vite enchaîner les tubes grâce notamment à Raimana Teriierooiterai qui lui compose six titres dont « te nehenehe te natura », l’un de ses plus grands succès.

« Mais très vite je veux monter un groupe »

Teiva aime partager et c’est la mode des trios qui se produisent dans les bars, restos et hôtels, et ce sera le début de Huimana dans sa première version, puis du groupe Vintage qui reprenait des morceaux de rock et de jazz.

Aujourd’hui, Teiva est revenu avec Huimana dans une nouvelle configuration, dont le jeune chanteur Nohorai en qui il croit énormément et à qui il laisse une belle place dans leurs prestations.

CHANTEUR ET RESTAURATEUR

Le restaurant « pink coconut » était tenu par Steve Baker, et Teiva se lance un nouveau défi : racheter le lieu avec sa meilleur ami et associée Léontine, pour en faire ce lieu agréable au coeur de la marina Taina, où il fait bon se retrouver entre amis pour des happy hours au coucher du soleil, pour dîner, bruncher, ou écouter de la bonne musique live, malgré les plaintes de certains voisins qui n’entendent que du bruit. Mais bon… il semblerait que ces histoires de nuisances soient derrière lui maintenant.  En Avril 2019, Teiva fêtera les 11 ans de son resto.

« je suis repéré par un chasseur de voix »

Autre étape bien connue dans la carrière de Teiva : l’aventure « the voice »… il est démarché sur messenger en 2013 par un chasseur de voix qui l’avait repéré grâce à une vidéo youtube où il interprétait « l’hymne à l’amour »…

Teiva y voit un nouveau challenge et passe des auditions très particulières puisque cela se fait par Skype avec la métropole, à des moments où Teiva n’est pas forcément au top de sa disponibilité comme le jour où l’appel retentit alors qu’il venait de sortir de scène au Japon…

Une aventure dont il garde un bon souvenir même s’il reconnait que cette année-là, l’émission de TF1 était particulièrement difficile puisqu’elle a fait émerger Kenji, Amir et les Frero Delavega…

LES PROJETS

S’impliquant aussi dans la vie de la cité, Teiva siège au CESC (1) et multiplie les projets comme celui de la comédie musicale sur le « bounty », où il a été retenu aux côtés de Eva Ariitai et Vaheana Fernandez (2). Un projet ambitieux qui est un peu en stand by pour le moment mais dont on espère qu’il verra le jour.

Notre Teiva national continue aussi à faire rayonner le fenua par son talent à travers ses nombreux voyages assez fréquents au Japon (où il enregistre actuellement son 7ème album) ou au Mexique, où il a son public et ses fans.

Et puis, comme s’il n’en avait jamais assez, Teiva est sur le point d’ouvrir un autre lieu en ville, une sorte de lounge café branché qui offrira confort et convivialité. Enfin, Teiva est présent actuellement sur le CD que sort Aranud (3), avec un morceau en duo (« te ora ») et un morceau seul (« ino te ta’ata »).

Autant dire que, dans de nombreux domaines, Teiva a des journées bien remplies et est devenu une personnalité du fenua aussi incontournable que modeste et sympathique.

(1) Conseil Economique Social et Culturel

(2) voir portrait dans FEMMES DE POLYNESIE

(3) voir portrait dans HOMMES DE POLYNESIE

Laurent Lachiver
Rédacteur web

© Photos : Laurent Lachiver, Yumiko Hosokawa, Facebook Huimana, The voice TF1, Napster

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