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Art & Culture

Nicolas Arnould, la scène pour passion!

Publié le 16 mai 2019

Nicolas Arnould est de retour sur les planches ! Enfin, presque… Car le comédien passe de l’autre côté de la scène pour donner vie à une comédie intitulée « Le bal des crapules ». Elle se tiendra les 17, 18, 24 et 25 mai 2019 au Teata Comedy Cub (Paradise). Un lieu propice au jeu qu’il souhaite proposer au public.  Hommes de Polynésie a rencontré le metteur en scène.

 

La comédie

Rendez-vous pris dans les jardins de Paofai. Son casque de moto sous le bras, Nicolas avoue être stressé et fatigué, mais satisfait. Cela fait quelques mois qu’il met en scène sa dernière production, une comédie française intitulée « Le bal des crapules ». Elle a la particularité de se jouer dans un espace ouvert, et paradoxalement limité : la scène du Teata Comedy Club (1) au Paradise. Nicolas veut proposer du neuf en mettant en lumière un nouveau vivier de comédiens.

« On va faire découvrir des talents inconnus, comme une de mes élèves qui a joué dans « Ma femme est folle » que nous avons produit l’année dernière, et faire en sorte que les différents “acteurs” de cet univers se rencontrent. »

Nicolas a pour principale qualité sa bienveillance. Professionnellement comme en privé, il est guidé par un certain altruisme. Ajoutez à cela un peu de patience et beaucoup d’empathie, et vous obtiendrez un être d’une grande sensibilité.

« Malheureusement, je suis un flémard de première et je remets toujours tout au lendemain… »

Nicolas a eu une enfance plutôt heureuse. Il est né et a grandi à Tahiti. Sa mère travaillait au centre informatique de l’OPT et son père était prestataire, mécanicien hors-bord. Il est le dernier d’une fratrie de 4 enfants. Il s’estime chanceux d’avoir reçu une bonne éducation, et c’est elle, entre autres, qui lui a appris à être tolérant et respectueux.

« Droit et honnête. Ça m’a servi dans mon parcours. »

Parcours de vie

Il a déménagé quelques fois, 9 plus précisément. Appartement, maison, appartement, maison… souvent, en fonction des rencontres… et des séparations… S’il a de très bonnes relations avec sa famille, pour les relations amoureuses c’est une autre histoire.

« Qu’est-ce que j’étais mauvais avec les filles étant jeune. Comme la gentillesse n’est plus une qualité, du coup, c’était compliqué »

Nicolas est un esprit libre, il avoue avoir parfois les idées qui s’éparpillent, de penser à plusieurs choses à la fois plutôt que de se concentrer sur ce qu’il est en train de faire. Il étudiait pour devenir instituteur et en parallèle se formait à la comédie… sans penser en faire un jour son métier. Il s’est essayé à d’autres professions : employé dans un institut de sondage, électricien, plombier, travaux en tous genre… Il a même été chroniqueur radio pendant quelques années.

« Et puis j’ai décidé que c’était le métier de comédien pour lequel j’étais fait. Donc je m’y suis consacré pleinement. »

Être comédien… tout un métier !

Pour bien comprendre en quoi consiste le métier de comédien Nicolas a commencé par se former. Il a pris des cours pendant 7 ans avec Patricia Molié et sa Compagnie « Parenthèses ». Ensuite il a fait son expérience avec différents metteurs en scène. En vingt ans de métier, il a interprété plus d’une quarantaine de rôles dans des registres très variés : tragédie, comédie, militantisme engagé, reconstitution historique, … »

Pour gagner ma vie, et avec un réel plaisir, je donne des cours d’art dramatique à la Maison de la Culture, Te Fare Tauhiti Nui. »

En 2018, il a monté seul le spectacle «  Baba Yaga » – une expérience qui lui a permis de prendre conscience de tout ce que monter un tel projet implique. Il s’est donc confronté à lui-même et à tous ses défauts –  une confrontation difficile, mais très formatrice. Résultat : il s’est associé avec Aurélie Vigouroux, avec qui il partage les mêmes motivations pour monter des pièces, et cela lui permet de répartir le travail et les responsabilités.

« Il y a toujours des moments difficiles. On remet tout en question, on doute de soi, ou on a l’impression qu’on ne va jamais s’en sortir ou y arriver. Mais je me suis rendu compte que de toutes façons, il n’y a pas le choix. Et finalement, il y a toujours une solution. »

Quand un public est emporté par l’univers dans lequel il est invité, rit, s’offusque, pleure, rêve…, il quitte ce monde l’espace d’un instant. Pour que cette magie puisse opérer, le savoir-faire et le talent du comédien sont essentiels.

Même si le metteur en scène est le capitaine du bateau, il y a toute une part de travail qui revient au comédien, et qui demande une grande implication personnelle. Il aime à rappeler qu’un comédien n’est pas là pour satisfaire un petit plaisir personnel, il est là pour satisfaire le public.

« Il faut donc beaucoup de générosité, de la patience, de l’assiduité, de la régularité, du sérieux, particulièrement pour faire du comique, et une bonne capacité d’écoute. Cette dernière est importante autant sur scène vis à vis de ses partenaires, que pendant les répétitions vis à vis du metteur en scène. »

En ce qui concerne la formation, il existe plusieurs structures. Cependant il est très difficile de parler d’emploi dans un secteur qui reste, pour le moment, un monde d’amateurs et de passionnés. Comme pour la plupart des métiers artistiques, Nicolas avouera n’avoir aucune préférence…sauf peut-être pour Alexandre Astier. L’interprète principal de la série télévisée Kaamelott, est le seul pour qui Nicolas nourrit une admiration certaine.

« Dans 10 ans justement j’ai bon espoir que la Polynésie se révèle être un véritable vivier artistique. Il y a beaucoup de talents, il n’y a plus qu’à provoquer les opportunités. »

Hormis la comédie, Nicolas a une autre passion à laquelle il regrette ne pas consacrer plus de temps : c’est la moto. Celui qui s’est jeté d’un pont miniature de mini-golf par amour, explique que s’il était une femme pendant toute une journée, à part explorer ce corps qui lui est inconnu, il ne voit pas ce qu’il ferait de différent de ce qu’il fait aujourd’hui. Quant à sa plus grande peur, ce serait d’être pétrifié devant quelqu’un en danger sans pouvoir réagir.

« Un conseil à mon « moi » de 20 ans ? Pars. Va faire ton expérience ailleurs et reviens-en enrichi. Une fois mort ? Rien. On m’oublie et on passe à autre chose. Ce sont les vivants qui font avancer le monde. Ou si. Une chose : “Ah ! Enfin ! Il s’est calmé…” »

Nicolas pense que chacun d’entre nous, est un homme ou une femme de Polynésie. Chaque personne qui œuvre pour quelque chose de plus important que lui est un homme ou une femme de Polynésie. Il aurait beaucoup trop de choses à dire pour passer un message, « mais si les gens pouvaient moins s’énerver et réfléchir plus avant de réagir, ce serait déjà pas mal … »

(1)    Teata Comedy Club : Portrait par Hommes de Polynésie

Plus d'informations

Tarifs : 1 500 CFP la place.

Réservation : par messenger au Teata Comedy Club.

Les représentations se feront à 19h30.

Jeanne Phanariotis

Rédactrice Web

© Photos : Hommes de Polynésie, Aurélie Vigouroux

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