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Art & Culture

Artiste - Hommes de Polynésie
danse & festival

Jean-Marie Biret, artiste des mondes

Publié le 26 janvier 2018

Chef de la troupe Manahau, organisateur du festival des îles du Vent « Ia Marae e tao1 », Jean-Marie Biret retrace son parcours de vie. Il lève le voile sur ce qui le fait vivre et vibrer. Ses confidences le prouvent, ce ne sont ni la scène ni les tournées qui comptent plus que tout.

Il regarde son avant-bras noirci à l’encre, assis sur une table en bois usée. Il suit du doigt les motifs nouvellement dessinés dans sa peau. Jean-Marie Biret vient de se faire tatouer. Il est heureux : « avant les gens se faisaient tatouer quand ils le méritaient, quand ils avaient réalisé quelque chose. Je crois que je viens de réaliser quelque chose. » Il parle là du festival des Îles du Vent « Ia Marae te ao ». Un festival qui vient de vivre sa quatrième édition.

La troupe de Jean-Marie Biret à l'Intercontinental

La famille avant tout

La musique, la danse, la culture polynésienne sont les piliers de Jean-Marie Biret, le danseur devenu chef de troupe. 

« Mais avant tout, avant de parler de ce qui m’anime, je tiens à dire que la chose la plus importante dans vie, c’est d’être papa. J’ai deux filles et deux garçons et il n’y a rien qui passe au-dessus de ça ! » 

La famille… Le sujet pourrait le faire parler des heures. « Je leur dois tout ! C’est un bonheur. » Ceci étant dit, Jean-Marie Biret revient tout de même à ses activités artistiques, ses choix assumés, ses orientations et chemins qu’il dessine pour ses danseurs sur les routes du monde.

« Je suis né en Nouvelle-Calédonie d’une mère tahitienne et d’un père calédonien. » Il a grandi à Thio.

« Mon père était fou amoureux de ma mère et de sa culture. Il l’aimait comme ce n’est pas permis. Je pense avoir gardé ça, l’amour de la culture polynésienne. »

Il s’initie à la danse dans le garage de Mamie Louise

Jean-Marie Biret est arrivé à Tahiti à l’âge de 20 ans (il en a 54 aujourd’hui). Il était enseignant et a commencé sa vie professionnelle à Papara. « Je me rappelle qu’en arrivant on m’a dit, tu as des garçons, tu dois les faire danser. Je ne savais pas danser, je me suis sentie nul. » Alors, le jeune homme a pris des cours « dans le garage de Mamie Louise. Elle venait d’ouvrir la section garçon au conservatoire mais j’étais à ses côtés, chez elle ».

Au Festival de Montignac

La danse, pour Jean-Marie Biret était comme une évidence.

« Quand j’étais en Calédonie, j’ai eu l’occasion de voir des groupes de danse polynésiens. Chez moi, quand j’étais seul, je dansais, je reprenais les pas. Je poussais les meubles du salon pour avoir suffisamment de place », confie-t-il.

Au début, « je me sentais un peu comme un popa’a »

Au milieu des années 1980, alors qu’il progresse dans sa pratique du ‘ori Tahiti, il entend parler de Gilles Hollande et de ses appels. « Il cherchait des danseurs, je me suis présenté, j’ai été pris. » Ses proches, en parallèle, l’encourageaient à monter sa troupe. « Je n’avais du tout ce projet au début. Pour être honnête, je me sentais un peu comme un popa’a2. » Et puis il s’est laissé convaincre. Il a fondé la troupe de danse Te Muriavai puis Manahau. 

« Manahau, cela signifie l’embouchure, c’est une zone calme, source d’énergie positive. C’est la rivière, ma mère, qui rejoint l’océan, mon père. »

Aujourd’hui, il crée pour les autres, il a un « bonheur immense à faire des danseuses et des danseurs ». Il emmène ses artistes aux quatre coins du monde où il puise son inspiration. Ce qu’il aime c’est faire vivre sa culture tout en reconnaissant la puissance de celles des autres. Il aime la Polynésie, « comme c’est pas permis », mais accorde à tous les pays de la Terre et des Hommes qui la peuplent l’intérêt et le respect qu’ils méritent.

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Sur la page Facebook Manahau Tahiti – Officiel

1 Que le monde soit pur.
Étranger de race blanche.

Delphine Barrais 
Rédactrice web

© Photos : Delphine Barrais

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