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Art & Culture

Edouard, acteur en Polynésie
acteur et humouriste

Edouard, promouvoir le métier d’acteur en Polynésie

Publié le 17 février 2018

Qui ne connaît pas Edouard Malakai, akaRai de la série humoristique Rai et Nono ? Acteur et humoriste, Edouard est rempli d’énergie, d’autodérision et de projets pour valoriser son métier. Pour lui, cela signifie aussi promouvoir l’image du fenua localement et à l’international. Hommes de Polynésie a rencontré ce comédien rempli d’humour.

Une enfance métissée

Edouard est né à Nouméa d’un père tahitien et d’une mère wallisienne. S’il découvre la Polynésie dès son plus jeune âge, il décide de s’y installer en 1997 alors que l’économie est en pleine croissance et qu’il est facile de trouver un job.

« J’ai commencé par des extras comme serveur puis j’ai vite obtenu un CDI. »

Il passe 18 ans dans l’hôtellerie à Bora Bora. Humoriste dans l’âme, c’est au fond d’un jardin désormais bien connu qu’il produit ses premiers sketchs amateurs et rencontre le succès avec « Rai et Mana ».

« Ma carrière d’acteur, je la dois à des amis comme Mana ou Nono, le soutien de ma famille, de ma femme et de Pacific Prod dans un contexte où être acteur en Polynésie, ce n’est pas évident. »

© Pacific Prod

Acteur, un métier qui n’est pas reconnu

Fort de son succès de comédien, Edouard a pu évoluer dans de nombreuses productions locales que ce soit comme comédien pour « Rai et Nono » et « Tupapu », ou comme régisseur pour des productions internationales comme Gauguin ou des films tournés par des équipes chinoises et japonaises.

« Ce que j’aime, c’est l’ambiance familiale que l’on vit sur les plateaux. Pour Tupapu, on s’est retrouvé à plusieurs acteurs pendant plusieurs mois, ça créé des liens forts. »

Seul revers, un statut quasi inexistant.

« Être acteur en Polynésie, c’est compliqué au niveau administratif car c’est peu développé. Je dois être le seul à avoir une patente d’acteur ! Je n’évoque même pas le statut d’acteur de théâtre ou de musicien. »

Edouard compare alors l’industrie du cinéma polynésien avec celle du tourisme.

« À l’époque, on ne pensait pas que le tourisme pouvait rapporter de l’argent, aujourd’hui, c’est un pilier de notre économie… Les métiers de la création artistique polynésienne ont toute leur place à prendre. »

Encourager les jeunes et les talents

Edouard a un sourire enthousiaste et confiant. Il évoque toutes ces formidables expériences qui lui ont permis d’apprendre.

« Avec « Gauguin », j’ai appris comment on filmait avec une bougie. J’ai observé un acteur comme Vincent Cassel se préparer pour son rôle. Pour « Thérapies de Couple », j’ai vu tous les moyens nécessaires à une super production américaine… Dans ce métier, il n’y a pas un jour qui se ressemble. Cette diversité, c’est un challenge au quotidien. »

Pour lui, pas de secret, il ne faut jamais s’arrêter de produire, réaliser, lancer de nouveaux projets.

« En Polynésie, on se repose toujours sur la chance. Dans ce métier, tout est éphémère. Tout le monde peut être comédien à condition de bosser. »

Pour encourager les jeunes à révéler leur talent, Edouard fait partie des membres fondateurs de TAU, acronyme de Tahiti Artist Unity qui cherche à faire la promotion de l’économie des industries culturelles polynésiennes comme le cinéma, la production audiovisuelle ou la musique.

« En Polynésie, on a beaucoup de talents. Regarde, qui aurait cru qu’un groupe de petits jeunes comme « All in One » aille en France et décroche un titre de champion ! Il faut accompagner cette énergie créative. »

Aller à l’international pour développer le local

Conscient de son rôle de symbole auprès de nombreux Polynésiens, Edouard travaille sur de nombreux projets en local et à l’international. Il prépare un spectacle humoristique en Nouvelle Calédonie, développe des relations avec la métropole, s’investit pour développer des tournages en local.

© Pacific Prod

« Mon rêve, ce serait de tourner un film purement local. On a du potentiel, il faut se donner les moyens de le faire. »

Combattif, convaincu et positif, il se rappelle de ses cours de danse qu’il suivait avec sa mère… Le plus important, c’était de faire le premier pas.

1 Aka : As known as, « aussi connu sous le nom de »

Céline Hervé Bazin
Rédactrice web

© Photos : Céline Hervé Bazin, Pacific Prod

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