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Art & Culture

Deraj, polynesian street art!

Publié le 1 novembre 2019

Maurai Terooatea, plus connu sous son nom d’artiste « Deraj», est un passionné de graff ! Remarqué pour le soin et la perfection de ses œuvres, il est un habitué du festival Ono’u. Hommes de Polynésie. s’est penché sur le parcours de cet entrepreneur en bâtiment accroc au street art.

Originaire de Raiatea

« J’étais chanceux de vivre une vie tranquille, simple entre le faa’apu (1), la pêche avec mon grand-père et mon père, et toutes les distractions que la nature nous offrait à mes 6 frères et sœurs, mes cousins et copains du quartier. »

Ils font de la vallée d’Avera à Taputapuatea leur terrain de jeu, pendant que leurs parents bâtissent, pêchent, cultivent ou offrent à la population leurs services en mécanique, avant le grand déménagement… sur Tahiti. Un départ pour l’école, où il réalise ses premières esquisses en CM2.

« Je pense qu’à ce moment-là, il y a eu un premier déclic. »

Graff style

Ses premières bombes de peinture remontent aux années collège, à une époque où le graff était encore considéré comme un acte de vandalisme passible de sanctions. Suivront ses premiers pas dans le street art avec une fresque murale au collège, un « cours graff » au Lycée avec des “mini compétitions”. Avec les moyens du bord, parfois de la « récup », il se dégote bombes et pots de peinture. Arrive 2008, et cet art se démocratise officiellement grâce à un concours ouvert à toute la jeunesse Polynésienne.

« Ça reste l’un des événements le plus grandiose de ma jeunesse. »

Les préposés « aux murs » ont à leur disposition du matériel de qualité. La consigne ? Dessiner un mot en grand format, exposé au regard du public devenu juge pour l’occasion. Avec son cousin, ils remportent le 2e prix !

« C’était ma toute première expérience artistique, encadrée et soutenue par le Ministère de la Jeunesse et des Sports. »

Ono’u

Depuis, il multiplie les apparitions sur des projets de grande envergure à l’image de Ono’u. « Rencontrer de nouveaux artistes, en retrouver d’autres, certains mondialement connus… Ce n’est pas tous les jours qu’on vit des moments comme ceux-là. Il faut vivre pleinement ses passions sans jamais laisser personne vous les gâcher !»

Ne vous étonnez pas de retrouver Deraj à Ono’u en 2020, c’est un participant régulier ! Il a eu des propositions pour vivre pleinement de son art à l’échelle internationale, mais entre sa famille et sa passion, le choix s’est vite imposé.

« En plus de ma famille, j’ai aussi une entreprise de construction. Peut-être que pour les prochains projets en construction j’intègrerai le graff au design et à la déco du bâtiment ! »

La « Polynesian way of life »

Son rêve inachevé ? Faire le tour du monde en tant qu’artiste dans le street art. En attendant, il capture des bouts de vies avec son smartphone, cet objet dont il dit ne pas se passer.

Un souvenir amusant ? Le jour où, pour sa fille, il a bravé plus de « 2h30 de file à Disneyland pour une photo avec Cendrillon ! »

Ce qui l’empêcherait de continuer à graffer ? Perdre l’usage de son corps… Mais rien ni personne ne pourra jamais faire taire cette passion, héritée peut-être de ces lointains ancêtres « Irlandais, Australiens, Suédois, Anglais et aito (2) de Rurutu du côté de mon père, et du côté de ma mère – Italiens, Rarotongiens et Polynésiens. »

Ses nombreux voyages aux États-Unis, Japon, Chine, France, Italie, Angleterre, lui ont montré la beauté, la diversité, la richesse culturelle et culinaire de ces pays. Mais son nom et son prénom le renvoient à ses racines et à la simplicité de la vie, les sourires spontanés, le partage, les tiares à l’oreille et toutes ces couleurs qui se rattachent à sa Polynésie.

Deraj croit sincèrement que tout est possible en Polynésie, à condition de s’en donner les moyens. Il appelle donc les Polynésiens à y croire aussi : « Soyez vous-mêmes, rêvez, et vivez vos rêves. Enjoy Life and Keep the Polynesian style ! (2) »

(1)  fa’aapu : potager, champs

(2)  aito : guerrier

(3)  Profitez de la vie et adoptez le style Polynésien

Jeanne Phanariotis
Rédactrice web

© Photos : Deraj

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